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Emmanuel Macron a annoncé la fin de la mission antiterroriste de la France au Sahel. Qu’est-ce que cela implique exactement? Et quelles conséquences pour la France même? Analyse de Jerôme Pigné, président cofondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel (2r3s), au micro de Rachel Marsden.

L’opération Barkhane avait officiellement commencé en août 2014.

Elle est née de la volonté de l’ancien Président François Hollande de régler le chaos dans la bande sahélo-saharienne à la demande du gouvernement malien, alors que l’insécurité islamiste faisait rage en France. L’opération Serval –la précédente mission de l’armée française au Mali– ayant été un succès, l’idée était de l’étendre à toute la région. 

Mais depuis, l’armée française s’est enlisée et la situation s’est détériorée au Mali, avec deux coups d’État en neuf mois. Pour Jerôme Pigné, président cofondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel (2r3s) et chercheur associé à l’Institut Thomas More, le réaménagement de la position militaire française au Sahel est «une problématique qui n’est pas arrivée sur la table à la suite du second coup d’État au Mali au mois de mai dernier»:

«Ce coup de poing sur la table s’inscrit dans une forme de continuité où la France cherchait sa stratégie de sortie. Peut-être que l’on ne s’attendait pas à voir la fin de l’opération Barkhane telle qu’on la connaissait, mais l’objectif politique de Paris était de pouvoir avoir une stratégie de sortie et de s’assurer que la sécurité des Sahéliens était aux mains des Sahéliens eux-mêmes et des forces de sécurité des pays de la sous-région.»

Emmanuel Macron exprime son inquiétude face à l’influence croissante des islamistes au Sahel. Cette remarque n’est-elle pas étonnante dans la mesure où débarrasser la région de l’extrémisme était précisément la raison pour laquelle la France s’y était engagée? Pour Jérôme Pigné, l’islamisme «n’a rien à voir avec l’opération Barkhane qui est une opération militaire»:

«Il n’y a aujourd’hui aucun lien avéré de près ou de loin entre la menace terroriste qui sévit contre la France et le théâtre sahélien. Il y a eu, à un certain moment, des interrogations sur la capacité des groupes armés terroristes opérant au Sahel et leur capacité à frapper la France sur le territoire national. Aujourd’hui, il n’en est rien. Et il n’y a aucun lien avéré, de près ou de loin, entre les menaces subies par la France sur son territoire et les menaces contre ses intérêts sur l’ensemble des pays de l’espace sahélo-saharien.»

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Tags:
France, opération Barkhane, Sahel, Mali, coup d'Etat, terrorisme
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