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La techno se fait toujours entendre sur l’hippodrome de Redon, en Ille-et-Vilaine, où une rave party illégale a tourné cette nuit en affrontement violent entre fêtards et gendarmes. Alors qu’un millier de personnes étaient toujours présentes à la mi-journée, la gendarmerie craint que l'évacuation puisse prendre le week-end entier.

Plus de 12 heures après le début de la rave party sur l’hippodrome de Redon, en Bretagne, la plupart des fêtards, dont le nombre a dépassé cette nuit les 1.500, n’ont pas quitté les lieux. Voici ce que l’on sait sur le déroulement de cette soirée interdite deux jours avant la Fête de la musique.

Quelle durée pour la rave party?

C’est en fin d’après-midi du 18 juin que plus d’une centaine de véhicules ont afflué vers le nord de la commune de Redon, créant d’importants embouteillages.

​La nuit a été émaillée d’importants heurts entre les forces de l'ordre et les participants. Ces derniers ont scandé des slogans hostiles aux gendarmes. Selon le préfet, «des affrontements d'une extrême violence ont duré une très grande partie de la nuit, plus de sept heures». Il a évoqué «des jets de cocktail Molotov, boules de pétanque, morceaux de parpaings».

Cinq gendarmes ont été blessés et un ou deux fêtards. Le parquet de Rennes a ouvert une enquête, cinq jeunes ont déjà été placés en garde à vue pour des faits de «violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique».

Un jeune de 22 ans a perdu une main. Inconnu de la justice, il habite à Rennes, selon LCI. Une enquête a été lancée, a annoncé le préfet.

Au matin, la rave party, toujours marquée par des tirs de feux d’artifice et le gaz lacrymogène, continuait.

À la mi-journée, environ un millier de personnes étaient toujours présentes et la techno se faisait toujours entendre, soit plus de 14 heures après le début de l’événement.

Intentions des fêtards

Intervenant devant la presse ce matin, le préfet d'Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier a rappelé qu’il avait interdit via un arrêté, de concert avec les préfets bretons et de la Loire-Atlantique, le teknival dont l’annonce de la tenue avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

Certains fêtards, eux, se justifient en déplorant un manque d'espace pour faire la fête en ces temps de pandémie, tout en rejetant une part de responsabilité sur les gendarmes. «Ils espéraient bloquer, ils ne s’attendaient pas à ce que ce soit comme ça et qu’à un moment, eux-mêmes, ils ont perdu le contrôle», estime un fêtard dans un commentaire pour Sputnik.

Il s’agissait d’«un concert pacifique face à des personnes armées», affirme-t-il. Or, pour le maire de Redon, le côté festif ne s’est pas fait sentir.

«Lorsqu’on est lourds de boules de pétanque et de projectiles, c'est qu'on a, a priori, l'intention d'en découdre plus que de faire la fête», a jugé Pascal Duchêne le 19 juin en s’exprimant auprès de Franceinfo.

Même si vers midi «la situation s’est apaisée», la tension était toujours «palpable». 

Un avis partagé par la porte-parole de la gendarmerie nationale Maddy Scheurer. Pointant auprès de BFM TV le caractère plutôt violent de l’événement, elle a déploré cinq blessés parmi les gendarmes et a estimé qu’y mettre un terme pouvait prendre un certain temps, voire le week-end.

«Ça peut paraître un peu étrange de venir à un teknival non-autorisé armés de cocktails Molotov, de boules de pétanque et de s’en servir en direction des forces de l’ordre. On peut quand même s’interroger assez légitiment sur les intentions de ceux qui rejoignaient cet événement festif.»

Les participants ont quant à eux évoqué auprès de Sputnik la mort de Steve Maia Caniço, laquelle avait eu lieu en pleine intervention policière à Nantes en 2019 durant la Fête de la musique.

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Tags:
Bretagne, blessés, interpellation, gendarmes, Fête de la musique, France
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