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Après 16 mois de fermeture complète, l’exécutif autorise l’ouverture des boîtes de nuit à partir du 9 juillet prochain. Soulagés, les professionnels du secteur s’interrogent sur l’application du pass sanitaire obligatoire qui risque de réduire la fréquentation.

Le jour de la Fête de la musique, le temps est aux réjouissances: les discothèques seront autorisées à rouvrir «à compter du 9 juillet». Mais pour les propriétaires des boîtes de nuit, le pass sanitaire exigé à l’entrée casse l’ambiance.

Suite à une réunion des représentants du secteur avec Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, et Alain Griset, le ministre délégué chargé des PME, le protocole d’accueil du public dans les boîtes de nuit est resté inchangé.

«Lorsque la bouteille d’oxygène sera enlevée, on risquera l’asphyxie»

Pour Morgan Dalle, patron de l'Antique à Béthune, dans le  Pas-de-Calais, qui a passé «16 mois la tête sous l’eau», ouvrir avec un pass sanitaire «sera très difficile».

«On sait que seulement 5 à 6% des jeunes sont vaccinés. Le test [PCR, ndlr] serait une barrière supplémentaire. C’est "dissuasif", parce que les jeunes viendront une fois, deux fois, mais ils ne viendront pas systématiquement. Économiquement, on risque de ne pas être viables».

Ce patron qui emploie 10 personnes au sein d’une boîte de nuit, qui brassait près de 250 passages par soir avant le confinement, estime qu’aujourd’hui son «fonds de commerce ne vaut plus un clou».

«De façon certaine, on aura une baisse de fréquentation assez conséquente. En plus, du point de vue équité, on ne sera pas sur la même ligne de départ que nos collègues des autres professions. Il y a une réelle rupture d’égalité des chances entre les discothèques et leurs "cousins" - bars de nuit et d’autres lieux de loisirs nocturnes», dénonce le patron de l’Antique.

Effectivement, les concerts avec du public debout seront à nouveau autorisés à partir du 30 juin. Et malgré les demandes de certains patrons des boîtes de les laisser utiliser les autotests à l’entré, l’exécutif a maintenu le dispositif «classique». Bien que, d’après Alain Griset, «les organisateurs pourront installer des barnums à l'entrée pour permettre aux clients qui n'auraient pas de pass sanitaire de réaliser un test de dépistage rapide».

La discothèque de Morgan Dalle dans le quartier excentré de Béthune qui accueille «50% du centre-ville et 50% des ruraux» s’est battue de toutes ses forces pour rester à flot. Le patron béthunois reconnaît que sa boîte a été «très bien aidée», mais appelle à «avoir conscience que c’étaient nos sociétés qui étaient aidées, pas les chefs d’entreprises».

«On était artificiellement mis sous oxygène. Ce qui nous fait peur: dans deux mois, en septembre, ces aides seront levées et on devra ouvrir avec une baisse de notre clientèle. On aura moins de clients, moins de chiffre d’affaires, et plus d’aides. Lorsque la bouteille d’oxygène sera enlevée, on risquera l’asphyxie», s’inquiète Morgan Dalle.

Malgré son caractère combatif, le propriétaire de la boîte de nuit qui a créé un collectif «SOS CHRD» (café, hôtel, restaurant, discothèque) et multiplié ses interventions sur les plateaux télé, reste préoccupé face au futur incertain.

«On ne sait pas si on retrouvera notre clientèle. Est-ce qu’on retrouvera la même envie de faire la fête? Est-ce que les envies des gens vont changer? Après 16 mois de fermeture, c’est la grande inconnue», conclut le patron de l’Antique.
Tags:
discothèque, fermeture, ouverture, Covid-19
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