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Le rapprochement entre CNews et Europe 1 passe mal du côté de Libération. Le quotidien a assimilé la chaîne d’information en continu au FN (ancien nom du RN) dans son dernier numéro, suscitant un tollé.

Le rapprochement pressenti entre Europe 1 et CNews n’en finit pas d’agiter la petite sphère médiatique. Alors que les salariés de la radio ont entamé leur sixième jour de grève, le quotidien est venu souffler sur les braises au détour d’un titre polémique.

«Le spectre de la bande FN» a titré en Une Libération, jouant sur les mots avec la fameuse bande FM et assimilant CNews au parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Cette Une dépeint des salariés d’Europe 1 «effrayés par la dérive populiste de CNews», en regard d’une photo montrant un micro bleu de la radio avalé par un micro rouge de la chaîne d’information en continu.

CNews, dont les audiences en hausse sont notamment portées par l’éditorialiste phare Éric Zemmour, est en effet souvent accusé de dérives «droitières». Dans une récente tribune au Monde, des salariés de la radio ont d’ailleurs clamé leur refus de devenir «un média d’opinion», via ce rapprochement.

Libération provoque un tollé

La Une de Libération n’a pas tardé à susciter l’indignation de nombreuses personnalités du monde médiatique, à commencer par celles officiant sur CNews.

Laurence Ferrari, fraîchement arrivée sur Europe 1 pour animer une émission commune avec la chaîne d’information, a dénoncé sur Twitter les «insultes» et les «amalgames de bas -étage» du quotidien, qui ne peuvent que compliquer le travail de terrain des journalistes.

L’avocat Gilles William Goldnadel, intervenant régulier sur CNews, a pour sa part ironisé sur «la capacité de nuisance» de Libération, affirmant que cette Une constituait la «meilleure des publicités».

Même son de cloche du côté de l’animateur vedette Pascal Praud, qui a déclaré que les détracteurs de la chaîne étaient ses «meilleurs attachés de presse». Dans un éditorial, l’ancien journaliste sportif ajoute que ces critiques illustrent l’importance prise par CNews et son discours anticonformiste.

«Ces attaques contre notre chaîne illustrent la place que CNews a prise dans le paysage audiovisuel français. Une parole libre, un ton nouveau, des personnalités différentes, clivantes [….], loin du politiquement correct, de l’esprit de chapelle ou du prêt-à-penser.»

Côté politique, l’eurodéputée Nadine Morano (LR) a également fustigé sur Twitter une attaque contre la «pluralité des débats». L’ancienne secrétaire d’État à la Famille s’est permis un clin d’œil au nouvel actionnaire majoritaire du groupe Lagardère, lançant un «Béni soit Bolloré!».

A contrario, Thomas Portes, porte-parole de Génération. s, reproche aux journalistes de CNews de «pleure [r]» après la Une de Libération. Le bras droit de Benoît Hamon renchérit, revenant sur le récent rappel à l’ordre du CSA qui avait épinglé le temps de paroles des candidats RN sur la chaîne.

Lundi 21 juin, Arnaud Lagardère, président d’Europe 1, a tenté de rassurer ses salariés en grève. Dans un entretien au Figaro, le milliardaire affirme que Vincent Bolloré n’a jamais exprimé «l’idée d’intervenir directement ou indirectement dans les programmes». Il assume le rapprochement avec CNews et le groupe Canal+, rappelant les difficultés financières d’Europe 1, «seule radio à ne pas être adossée à un groupe audiovisuel».

CNews continue de son côté à rafler des parts de marché. La chaîne a battu son record d’audience en avril depuis sa création, puis une nouvelle fois en mai. Sur ce dernier mois, CNews a en effet accroché 2,2% de parts d’audience, se rapprochant de BFM TV, leader des chaînes d’information avec 2,6%.

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Tags:
CNews, Europe 1, Lagardère, Bolloré, Nadine Morano, libération, médias
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