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Sur Franceinfo, Robert Ménard a expliqué le relatif échec du RN aux régionales par un mauvais choix de candidats. Le maire de Béziers appelle aussi Marine Le Pen à revoir sa ligne politique avant 2022.

Au lendemain du second tour des régionales, les réactions se multiplient pour tenter d’expliquer les résultats en demi-teinte du RN. Au-delà de l’abstention massive ou du traditionnel «front républicain», certains pointent du doigt un souci de candidats du côté du parti de Marine Le Pen.

Robert Ménard, maire de Béziers proche du RN, a ainsi souligné un «problème d’incarnation» au micro de France Info. Le co-fondateur de Reporters sans frontières a notamment cité l’exemple de Jean-Paul Garraud, à qui il avait apporté son soutien en Occitanie. Une région finalement remportée haut la main par la candidate de gauche Carole Delga (57,77%), devant le champion que s’était choisi le RN (24%).

«Il y a un certain nombre de candidats du Rassemblement national qui ne vous donnent pas envie […]. Il y a des gens qui ont de vraies qualités, mais pas celle d’être chef, d’être capable d’incarner quelque chose», a ainsi déclaré l’édile à la radio publique.

Le maire de Béziers a encore déploré l’incapacité de ces candidats à rassembler à la fois les «classes populaires» et «la droite conservatrice».

Partisane d’un processus de «dédiabolisation» depuis son arrivée à la tête du RN, Marine Le Pen a souvent été accusée de se détourner de cet électorat de droite. En 2018, la chef de file du RN s’était ainsi défendue d’être sur une ligne «conservatrice» et «ultralibérale», à la différence de sa nièce Marion Maréchal, dans un entretien à LCI. Cette dernière a pour sa part appelé sa tante à passer des alliances avec des personnalités LR à plusieurs reprises, en vue de 2022.

L’absence de soutien de Marine Le Pen à La Manif pour tous en 2012 avait également interrogé certains observateurs. Aujourd’hui, d’aucuns estiment que son positionnement pourrait laisser un espace libre à Éric Zemmour pour 2022.

Radical et réaliste

Sur France Info, Robert Ménard a justement souligné la nécessité de trouver un équilibre entre radicalité et normalisation, en vue de prochaines échéances électorales.

«Il y a un problème de ligne. Je suis pour la normalisation. Pour prendre un exemple concret, je pense que sur la retraite, sur les terrains économiques, il faut arrêter de dire des bêtises […]. Mais en même temps, il ne faut pas d’alignement. Réussir la normalisation sans alignement, réussir à être à la fois radical dans un certain nombre de mesures et réalistes», a-t-il ainsi expliqué.

S’il réitère sa confiance en Marine Le Pen et assure qu’il votera pour elle en 2022, le maire de Béziers l’appelle à «tranquilliser les gens», soulignant que le RN «continue à faire peur» malgré les efforts de dédiabolisation.

Robert Ménard a également envoyé une petite pique à Xavier Bertrand, rappelant que celui-ci avait déjà été ministre du Travail sous Nicolas Sarkozy et n’avait pas fait ce qu’il avait «promis de faire». Il a cependant admis que le président des Hauts-de-France, réélu ce 27 mai, avait été un «très bon président de région».

Xavier Bertrand s’était lui aussi déclaré candidat à la prochaine présidentielle, en août 2020, excluant cependant de passer par une primaire LR. Il avait suspendu sa candidature à une victoire préliminaire dans les Hauts-de-France, obstacle désormais levé. Il serait le compétiteur le mieux placé à droite pour 2022, recueillant 18% des suffrages au premier tour contre 24% à Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à en croire un récent sondage Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat.

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Tags:
Robert Ménard, Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, Régionales 2021 en France
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