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Six mois après qu’Emmanuel Macron avait assuré que la vaccination «ne sera [it] pas obligatoire» en France, cette contrainte plane désormais au-dessus des soignants. Actuellement, le gouvernement prépare un projet de loi permettant de rendre l’inoculation du vaccin obligatoire pour ces professions.

Depuis ces dernières semaines, la vaccination obligatoire pour certains Français, voire pour l’ensemble de la population, ne semble plus exclue, même si, quelques mois plus tôt, le gouvernement l’avait clairement rejetée.

Dans un courrier de Jean Castex envoyé le 1er juillet aux présidents de groupe à l’Assemblée nationale et aux associations d’élus et consulté par la presse française, le Premier ministre dit vouloir ouvrir le débat sur ce sujet afin d’élaborer un projet de loi.

«Il nous reviendra de prendre nos responsabilités, si la trop faible vaccination des personnels conduisait, notamment dans les Ehpad, à mettre en risque la santé des personnes qu’ils soignent et accompagnent».

Le chef du gouvernement a expliqué par ailleurs que «la couverture vaccinale des soignants reste globalement insuffisante».

Une intention appuyée par les propos d’Olivier Véran qui, le 29 juin, s’est montré rigide face à l'importance de la vaccination pour les professionnels de santé:

«Si la vaccination est insuffisante, nous irons vers une vaccination obligatoire» pour les soignants, a-t-il insisté tout en soulignant que la mesure «ne sera pas obligatoire» pour les autres.

Une option progressivement élargie?

Or, toujours dans sa lettre évoquant le projet de loi en préparation, Jean Castex indiquait:

«Vous voudrez bien m’indiquer également si vous estimez que cette obligation mériterait d'être étendue plus largement.»

Une source gouvernementale a ainsi fait savoir que cette possibilité d’extension serait comprise dans le projet de loi en question.

En outre, une source proche de Matignon indique auprès de Nice-Matin que la vaccination obligatoire pour l’ensemble des Français n’est pas non plus écartée.

Les délais

Dans un courrier adressé aux directeurs d’hôpitaux et de maisons de retraite le 29 juin, Olivier Véran et la ministre déléguée de l’Autonomie Brigitte Bourguignon écrivaient:

«Notre objectif est que d’ici le mois de septembre, au moins 80% des professionnels des Ehpad et des établissements de santé aient reçu au moins une dose. À défaut, nous ouvrirons la voie d’une obligation vaccinale pour les professionnels de santé.»

Le jour suivant, le ministre de la Santé a réitéré et insisté que la vaccination serait rendue «obligatoire» au mois de septembre pour les soignants dans le cas où le «travail de conviction» n’ait pas été suffisant pendant l’été.

Ces propos interviennent alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint une nouvelle vague de la pandémie en automne sur le territoire européen. Ceci, «en raison de l'augmentation des brassages, des voyages, des rassemblements et de l'assouplissement des restrictions sociales», le nombre de cas ayant augmenté de 10% la semaine dernière dans cette zone.

L’avis changeant de Macron

La position du Président concernant la vaccination obligatoire n’a eu de cesse d’évoluer depuis les premières livraisons de vaccins. Alors que fin mai, au cours de son déplacement au Rwanda, il avait estimé qu’«aucune porte n’[était] fermée par essence» à cet égard, en décembre 2020 il avait pourtant déclaré sur Twitter:

«Je l’ai dit, je le répète: le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider.»

Alors que deux options s’offrent à lui pour un débat sur la vaccination obligatoire, soit un vote au Parlement soit une convocation en session extraordinaire au mois de juillet, il n’est pas exclu que le Président de la République s’adresse à la nation à ce sujet dans les prochains jours, toujours selon les informations de Nice-Matin.

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Tags:
vaccin, Jean Castex, Emmanuel Macron, France, Covid-19
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