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Le plan d’investissement pour les six ans à venir ne sera pas présenté à l’occasion du Conseil de Paris, le 5 juillet prochain. Anne Hidalgo justifie cette décision par l’insuffisance d’une «visibilité budgétaire». Serge Federbusch, opposant de longue date, l’accuse de clientélisme.

La Mairie de Paris ne présentera pas son plan d’investissement pour les années 2021-2026, qui devait être dévoilé lors du prochain Conseil de Paris. On est loin du premier «programme de combat» proposé par Anne Hidalgo pour la Ville, avec ses 10 milliards d’euros d’investissements sur la mandature 2014-2020. À l’époque, la maire socialiste fraîchement élue allait à contre-courant de la tendance de baisse des investissements par les collectivités locales et espérait créer «un choc dans l’économie».

Aujourd’hui, la situation a bien changé. Le plan d’investissement de la mandature, une sorte de feuille de route commune permettant aux élus d’arrondissement de coordonner leurs actions pendant les années à venir, ne sera pas dévoilé:

«Anne Hidalgo fait des bêtises pour des raisons idéologiques de clientélisme. Elle se retrouve face aux conséquences de ses actes et ne sait plus comment s’en sortir», tacle Serge Federbusch, candidat défait aux élections municipales de Paris de 2020.

En 2014, étaient annoncés la création de «200.000 emplois, pas seulement à Paris», l’aménagement des portes de Paris et un investissement de 3 milliards d’euros dans le logement. Les principaux axes de l’effort budgétaire risquent dorénavant d’être réévalués. «La maire renonce aux investissements parce que les investissements sont dépensés dans l’acquisition des logements dans des immeubles à prix d’or. Aujourd’hui, ça n’est plus tellement utile parce qu’elle a suffisamment d’électeurs dans les logements sociaux pour avoir une clientèle politique captive», persifle l’ancien élu du Xe arrondissement parisien.

Le déficit budgétaire de la Ville

Les circonstances jouent également contre Anne Hidalgo. Paris a subi de plein fouet les conséquences de la situation sanitaire due au Covid-19. En 2021, la mairie parisienne alloue 1,45 milliard d’euros d’investissements «pour soutenir les acteurs économiques victimes de la crise épidémique».

Mais M. Federbusch rappelle que depuis les deux dernières décennies, on note «une progression considérable des recettes fiscales» du fait de la hausse des prix de l’immobilier. Et il déplore que la municipalité socialiste ait «augmenté malgré tout» les impôts.

«Malgré cet apport de recettes considérable, de l’ordre d’un milliard et demi d’euros par an sur vingt ans, la dette a été multipliée par sept. Et cela ne suffit plus parce que c’est de la dilapidation», assène Serge Federbusch.

L’homme politique vante surtout la gestion de la Ville «d’avant-Delanoë». Il souligne «une situation de profusion financière énorme» du fait que les comptes de la Ville «ont été très bien gérés». «Sous Tiberi, il n’y a pratiquement pas eu de dettes», souligne-t-il.

Les chiffres confirment: en 2001, la dette de Paris atteignait 1,39 milliard d’euros. Douze ans plus tard, à la fin du mandat socialiste de Bertrand Delanoë, elle avait plus que doublé et se montait à 3,16 milliards d’euros. Désormais, sous Anne Hidalgo, elle a atteint 7,05 milliards au 31 décembre 2021.

«Maintenant, [la maire de Paris, ndlr] essaye de tirer parti de la situation sanitaire pour dissimuler son incompétence et son clientélisme. Et elle a siphonné en plus les comptes des sociétés économiques en matière de logement», analyse M. Federbusch.

Même avec les 50 millions d’euros que la municipalité attend de l’État au titre du plan de relance, Paris sera obligé d’emprunter 780 millions d’euros.

«[Mme Hidalgo, ndlr] essaye de faire croire qu’elle subit ça du fait de la situation sanitaire et du fait de l’État. Alors que l’État n’y est pour rien. Au contraire, si l’État prenait ses responsabilités, il mettrait, via la Préfecture, la Ville de Paris sous tutelle», conclut l’ancien élu.

Faire des «audits approfondis de la situation des sociétés économiques d’urbanisme ou des sociétés économiques de logement» permettrait de se rendre compte que leurs «trésoreries ont étés siphonnées par la Ville», plaide Serge Federbusch. Ainsi, l’État verrait que «la Ville est au bord de la faillite, bien qu’elle soit très riche». 

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Tags:
Paris, Mairie de Paris, Anne Hidalgo, budget
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