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Les chiffres publiés par le ministère de la Culture sur les titres et groupes de presse qui ont touché des aides directes et indirectes prouvent que ces dernières sont pour moitié allées à des groupes appartenant à des milliardaires avec, en tête, l’homme d’affaires Bernard Arnault.

Le ministère de la Culture a publié le 1er juin 2021 des données concernant les groupes de presse et les titres qui ont bénéficié d’aides. Il en ressort que plus de la moitié est revenue en 2019 aux groupes détenus par une poignée de richissimes hommes d’affaires.

Ainsi, ces groupes ont décroché plus de la moitié des 76 millions d’euros débloqués pour l’aide à la presse. La première marche du podium est occupée par l’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, qui a touché plus de 16 millions d’euros payés à la holding UFIPAR (Le Parisien et Les Échos). Viennent ensuite, avec un grand écart, la famille Dassault qui a bénéficié de 6,4 millions d’euros pour le Groupe Figaro, suivie de la société éditrice du Monde (Le Monde, Télérama et Courrier international entre autres) dont les actionnaires principaux sont Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky et qui a reçu 6,3 millions d’euros, ainsi que de Patrick Drahi avec 5,9 millions d’euros pour SFR Presse (Libération, L’Express).

Enfin, 2,1 millions sont revenus à Arnaud Lagardère pour Lagardère Media News (Paris Match, Le JDD) et deux millions à Nicolas Beytout avec Bey Medias Presse et L’Opinion.

En outre, il y a la presse quotidienne régionale avec 5,2 millions d’euros versés au Groupe Sipa-Ouest-France (famille Hutin).

Soit quelque 44 millions d’euros, ce qui représente plus de la moitié du total des aides à la presse. La tendance ne présente rien de nouveau et ne fait que perdurer puisque les mêmes groupes avaient bénéficié d’aides semblables en 2018 et 2017.

Presque 120 millions d’euros pour 2021

Dans la loi de finances 2021, l’aide à la presse s’élève à 118,1 millions d’euros et se répartit sur différents axes: l’aide à la diffusion (33%) pour le portage et le postage des magazines et journaux de la catégorie de l'information politique et générale (IPG), l’aide au pluralisme (20%) qui s’adresse aux quotidiens régionaux, départementaux et locaux IPG et l’aide à la modernisation (47%) destinée à la presse quotidienne IPG des secteurs de la distribution et de la diffusion, précise le site Vie publique de la Direction de l’information légale et administrative.

Depuis 2019, ces aides s’adressent également aux services de presse en ligne qui ont toutefois reçu moins de 10% du total des aides versées en 2021.

Crise sanitaire oblige

En outre, pour aider le secteur dans le contexte de la crise du Covid-19, le gouvernement a annoncé le 27 août 2020 qu’il mettrait en place «un ambitieux plan de filière doté de 377 millions d’euros sur les deux années à venir». Et ce, en plus des «mesures d’urgence» de 106 millions d’euros, soit un total de presque un demi-milliard d’euros.

Ces chiffres viennent confirmer que les aides alimentent les caisses des principaux groupes de presse. Elles subventionnent la distribution d’une poignée de quotidiens appartenant à quelques milliardaires et renforcent ainsi leur emprise sur la presse française, conclut l’observatoire des médias Acrimed.

 

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Tags:
milliardaires, aide, France, presse
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