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Gabriel Pontonnier, un manifestant blessé à la main lors d’un rassemblement des Gilets jaunes, devrait être dédommagé, rapporte Mediapart. Le Parquet de Paris avait pourtant classé sa première plainte sans suite.

Alors que le spectre d’une nouvelle grogne sociale flotte en cette période de reprise économique, plusieurs décisions de justice sont venues réveiller le souvenir des Gilets jaunes. Gabriel Pontonnier, un apprenti chaudronnier qui avait été blessé à la main lors des premières manifestations, s’est ainsi vu accorder 30.000 euros d’indemnisation provisoire par une commission du tribunal judiciaire de Paris, selon la décision consultée par Mediapart.

Le jeune homme avait été touché par une grenade GLI-F4, près des Champs-Élysées. Le projectile l’avait blessé aux jambes, au visage, mais surtout à la main droite, entraînant une amputation de trois doigts.

La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) a estimé que ce tir n’était «ni nécessaire ni proportionné» et que le jeune homme «n’exerçait pas de violence ou de voie de fait à l’encontre des forces de l’ordre», selon Mediapart. Gabriel Pontonnier avait pour sa part toujours clamé qu’il se trouvait dans une zone relativement calme lorsque la grenade a éclaté.

Affaire d’abord classée sans suite

Cette décision de la CIVI intervient alors que l’instruction est toujours en cours. Le cas de Gabriel Pontonnier fait en effet l’objet d’une bataille judiciaire acharnée, sa première plainte ayant été classée sans suite par le Parquet de Paris, en octobre 2019.

Une décision qui avait d’ailleurs suscité des interrogations, alors qu’une enquête de l’IGPN avait permis d’identifier l’auteur du tir et ses circonstances. La position du parquet avait finalement forcé le jeune homme à porter plainte une seconde fois, avec constitution de partie civile, entraînant donc cette décision de la CIVI avant même la fin de l’instruction.

«C’est la première fois qu’une institution reconnaît l’incroyable mutilation dont il a été victime et l’usage disproportionné de la force, en des termes sans équivoque. Face à l’inertie structurelle de l’institution judiciaire […] la CIVI pourrait apparaître comme une voie permettant la reconnaissance des fautes et des dommages», explique ainsi à Mediapart William Bourdon, l’avocat de la victime.

Plusieurs autres Gilets jaunes ont également été indemnisés ces dernières semaines, dont Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, qui s’était vu allouer 30.000 euros d'indemnisation provisoire en mars. Il avait été éborgné lors d’un rassemblement le 26 janvier 2019.

Avec la levée des restrictions sanitaires et la reprise des activités économiques, la perspective d’un nouveau mouvement social d’ampleur est réapparue. 64% des Français se disent d’ailleurs prêts à soutenir une contestation contre la réforme des retraites, rapportait récemment un sondage Odoxa pour Le Figaro.

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe avait pour sa part déclaré qu’«aucune des causes sous-jacentes de la crise» n’avait disparu, dans un entretien à La Dépêche, fin juin.

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Tags:
gilets jaunes, mutilation, justice, dédommagement, indemnisation
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