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Mettre la protection animale au cœur des débats. Hélène Thouy, coprésidente du Parti animaliste, est officiellement entrée dans la course à l’Élysée, avec un objectif clair: faire avancer les mesures en faveur des animaux. Pour Sputnik, elle revient sur sa candidature et détaille quelques mesures phares de son projet.

Le Parti animaliste comme remède à une partie de l’abstention? Une chose est certaine, Hélène Thouy, sa cofondatrice et coprésidente, nourrit de grands espoirs après l’annonce, le 1er juillet dernier, de sa candidature à l’élection présidentielle de 2022.

«On a eu beaucoup de retours positifs de citoyens qui sont contents que cette candidature émerge et qu’elle soit portée. On a reçu également des soutiens de la part de personnes qui n’avaient pas envie de voter et qui ont de l’espoir dans cette candidature.»

Pour cette avocate au barreau de Bordeaux, qui dès son plus jeune âge s’est investie dans la défense de la cause animale, notamment en proposant son aide juridique aux associations, la course à l’Élysée est la suite logique de son combat.

​Une bataille pour tenter de faire bouger les lignes, en poussant les «responsables politiques à prendre les dispositions qui s’imposent» en matière de protection animale, souligne Hélène Thouy.

«Présenter une candidature centrée sur l’animal à l’élection majeure de notre pays, c’est une façon de montrer que c’est un thème majeur, en tout cas que ça doit le devenir et que des décisions fortes doivent être prises dans les années à venir», plaide-t-elle.

Les Français semblent de plus en plus sensibles à la question de la protection animale. En témoigne le baromètre IFOP pour la Fondation 30 Millions d’amis. En 2020, près de 7 personnes sur 10 estimaient que les animaux étaient mal défendus par les politiques. Or, 89% d’entre eux jugent cette cause importante. Autre signe de leur préoccupation: à ce jour, ce sont près d’un million de Français qui soutiennent le projet de référendum d’initiative partagé (RIP), lancé en juillet 2020, qui vise notamment à abolir certaines pratiques d’élevage et de chasse.

Cette mobilisation autour de la protection animale n’a d’ailleurs pas échappé aux membres de la majorité. Ainsi plusieurs députés ont-ils déposé le 2 juillet dernier une proposition de loi visant à créer un Défenseur des droits… pour les animaux.

​Un texte porté par Loïc Dombreval, député LREM dans la 2e circonscription des Alpes-Maritimes et président du groupe parlementaire «condition animale», qui permettrait à cette autorité administrative indépendante d’être saisie ou de s’auto-saisir afin de surveiller les actes de cruauté envers les animaux.

Le parti animaliste semble quant à lui vouloir aller beaucoup plus loin.

Créer un ministère de la condition animale

Hélène Thouy souligne à cet égard que parmi les mesures phares de son programme figurera la «création d’un ministère de la Condition animale». Et pour cause, elle affirme que le ministère de l’Agriculture aurait montré «toute son incapacité à protéger les animaux», car il serait «clairement en proie à un conflit d’intérêts».

«Il est censé défendre à la fois les intérêts des animaux et à la fois les intérêts des industriels de l’exploitation animale. Forcément, cela se fait toujours au détriment des animaux», avance-t-elle.

Autre mesure centrale de sa candidature: la fin de l’élevage intensif. Un point qui pourrait trouver un écho favorable chez les Français. Alors qu’il concerne 8 animaux sur 10 en France, 88% des Français se déclarent contre ce type d’exploitations, selon un sondage YouGov de 2019. Cependant, la co-présidente du Parti animaliste prévient: pour développer «un autre modèle d’agriculture», il faudra aider les «éleveurs à sortir de ce système en les accompagnant avec de la formation ou encore des aides financières». Mais cela demanderait surtout, selon elle, de développer une «alimentation plus végétale».

Faire mieux qu’aux élections européennes pour peser sur les débats

Si ces propositions semblent être dans l’air du temps, reste la difficulté d’obtenir les 500 parrainages. Faut-il craindre que ses positions contre la chasse ou pour une alimentation moins carnée constituent des freins dans cette course aux signatures? «Il est tout à fait possible de les obtenir», est persuadée Hélène Thouy. «Il y a beaucoup de maires qui sont attentifs aux préoccupations de leurs administrés, à leur lassitude et pourront donc avoir une écoute favorable à nos demandes de parrainages», fait-elle valoir.

La liste de son parti aux élections européennes de 2019 a recueilli 2,17% des suffrages (soit près de 500.000 voix). Elle a ainsi dépassé des formations politiques comme Lutte ouvrière, Les Patriotes, l’UPR ou encore les deux listes Gilets jaunes. Qu’attend-elle de la Présidentielle à venir?

«Le maximum possible [de voix, ndlr] évidemment. En tout cas plus qu’aux Européennes, c’est certain. Plus on obtiendra de voix, plus on aura la possibilité d’influer sur l’avancée de ces mesures pour les animaux», espère Hélène Thouy.

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animaux, élection présidentielle
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