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Le collectif de Parisiens à l’origine du hashtag saccageparis, qui dénonce l’insalubrité, la dévégétalisation et l’esthétique contestée du mobilier urbain à Paris, déplore que la mairie ait «saccagé» le banc public historique du XIX siècle offert lors de sa restauration.

Par #saccageparis, devenu viral, ils dénoncent les dégradations que subit la capitale. Fin mai, ce collectif de Parisiens, qui anime le compte JDSE sur Twitter, a acheté aux enchères un banc Gabriel Davioud fait en 1878 pour le remettre à la mairie en guise d’action positive.

​L’objet historique a été acheté 2.000 euros grâce aux cotisations. La mairie de Paris a accepté le cadeau et s'est engagée à exposer et restaurer le banc.

Un «raté complet»?

Un mois plus tard, le banc en question trône à l'entrée du pavillon de l'Arsenal. Mais voilà, selon JDSE, l’objet a été mal réparé par la municipalité.

«Comme une église gothique restaurée par une entreprise de maçonnerie pleine de zèle», lâche le collectif sur Twitter le 7 juillet.

L’association déplore que les planches du banc aient été changées sans respecter le modèle d’origine. Après restauration, ses planches ressemblent plutôt à une table de ping-pong. «Trop neuves, trop larges, trop longues, elles ne respectent en rien le modèle d'origine et gâchent toute l'harmonie de l'objet», déplore JDSE.

​«Ils ont saccagé le banc, notre banc!», avance le collectif.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie, a pourtant récemment indiqué que ces planches étaient provisoires.

Le collectif regrette également la disparition de «la fine et très jolie ciselure […] noyée sous une épaisse couche de peinture brillante».

«Tout cela est d'autant plus choquant que ce banc est un symbole, du retour officiel d'une attention de la mairie de Paris à son mobilier emblématique et patrimonial. Voilà une "sauvegarde" qui commence par un raté complet», résume-t-il.

Vague de critiques

La politique urbaine de la mairie de Paris est vivement critiquée ces derniers temps. Sur les réseaux sociaux, des Parisiens se déchaînent, photos à l’appui, sur le choix de bancs publics improbables façon «champignon» ou «mikado», des pistes cyclables bizarres, la saleté des rues, les fautes de goût dans le choix du mobilier urbain à l’esthétique contestée, la dévégétalisation, etc.

​En avril, la maire PS Anne Hidalgo a réfuté ces critiques, dénonçant «une campagne» de l'extrême droite derrière ce hashtag. Quelques mois plus tard, face à la vague d’indignations, la municipalité a essayé d’apporter une réponse.

Le 5 juillet, le premier adjoint à la mairie, Emmanuel Grégoire, a annoncé l’enlèvement de milliers d'éléments du mobilier urbain de la capitale, notamment les bancs «mikado» (empilements de bois peu esthétiques) ou encore les plots jaunes sur les pistes cyclables. La municipalité a également promis un recensement du mobilier urbain historique dès septembre.

​«Nous allons travailler sur une esthétique plus harmonieuse mieux insérée dans Paris plutôt que les dispositifs jaunes qui ont été installés en urgence à Paris», a-t-il indiqué.

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Tags:
Paris, Anne Hidalgo, urbanisme, dégradation
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