France
URL courte
Par
16285
S'abonner

En interne, Emmanuel Macron a défendu son garde des Sceaux, menacé par une mise en examen. Le chef d’État entend fixer des limites à l’institution judiciaire, selon BFM TV.

Alors qu’Éric Dupond-Moretti sera bientôt entendu par la justice pour s'expliquer sur des soupçons de conflits d'intérêts, Emmanuel Macron lui a apporté un soutien marqué en Conseil des ministres, rapporte BFM TV.

Le Président a d’abord eu quelques mots durs pour la presse, estimant que la justice ne se faisait pas dans les colonnes des journaux. Puis, il s’en est pris à l’institution judiciaire, affirmant qu’il ne la laisserait pas déborder de ses prérogatives.

«La justice est une autorité, pas un pouvoir. Je ne laisserai pas la justice devenir un pouvoir […]. Je suis le gardien de nos institutions et des équilibres de notre Constitution», a ainsi déclaré le chef d'État, selon BFM TV.

Un soutien fort, que certains au gouvernement interprètent comme une volonté de maintenir Éric Dupond-Moretti en poste, même après une éventuelle mise en examen, affirme la chaîne d’information.

Convoqué par les juges

Le garde des Sceaux a été convoqué par la Cour de justice de la République le 16 juillet. Il est soupçonné d’avoir profité de son poste de garde des Sceaux pour revenir sur certains dossiers, dans lesquels il avait été impliqué comme avocat.

La justice s’interroge notamment sur l’ouverture d’une enquête administrative visant plusieurs magistrats du parquet national financier (PNF), en charge de l’affaire des «fadettes». Une affaire dans laquelle Éric Dupond-Moretti était personnellement visé.

Début juillet, le bureau du garde des Sceaux, place Vendôme, avait été longuement perquisitionné. Le ministre avait alors critiqué le syndicat de magistrats ayant porté plainte à son encontre, l’accusant de vouloir obtenir la nomination d’«un nouveau garde des Sceaux».

Maintenu en poste?

Dans les textes, rien n’obligera en réalité Emmanuel Macron à démettre Éric Dupond-Moretti s’il est rattrapé par la justice. Mais la règle tacite, connue sous le nom de «jurisprudence Bérégovoy-Balladur», veut qu’un ministre mis en cause quitte le gouvernement.

Le contexte de moralisation de la vie politique pourrait également jouer en défaveur d’Éric Dupont-Moretti. En mars 2017, le candidat Macron avait promis que tout ministre placé en examen sous son mandat devrait s’en aller, promesse réitérée par son Premier ministre Édouard Philippe, lors de l’affaire Ferrand. «Un ministre mis en examen, ça démissionne!», avait alors sèchement lâché le chef du gouvernement sur RTL, poussant finalement son ministre de la Cohésion des territoires vers la sortie.

Les ministres François Bayrou (Justice), Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et Sylvie Goulard (Armées), éclaboussés par des soupçons d’emplois fictifs, avaient eux aussi rendu leur tablier, avant même les procédures lancées à leur endroit, en 2017.

Ce 15 juillet, Éric Dupont-Moretti a encore reçu le soutien du président du Sénat Gérard Larcher, lequel a expliqué sur RTL ne pas souhaiter une démission du garde des Sceaux, même en cas de mise en examen.

Lire aussi:

Pass sanitaire: des sanctions «totalement disproportionnées» pour les récalcitrants?
L'efficacité du vaccin de Pfizer est tombée à 39% face au variant Delta, constate Israël
Le gouvernement fait revoter les députés en pleine nuit pour imposer le pass sanitaire à l’hôpital
Tags:
conflit d'intérêts, mise en examen, Emmanuel Macron, justice, Eric Dupond-Moretti
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook