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Manuel Valls a été attaqué par plusieurs élus, après les dernières révélations de Libération sur l’affaire Lafarge. Le quotidien avait révélé que l'exécutif était au courant de l’accord entre le cimentier français et Daech*.

En reconquête sur la scène française après son escapade à la mairie de Barcelone, Manuel Valls est mis en délicatesse par l’affaire Lafarge. L’ancien Premier ministre a en effet été repris de volée sur le sujet par plusieurs parlementaires.

S’appuyant sur les révélations de Libération, ceux-ci lui reprochent d’avoir eu connaissance des accords passés entre Daech* et le cimentier Lafarge, en Syrie. Sur Twitter, plusieurs élus LFI ont notamment demandé à Manuels Valls des éclaircissements. La députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain a ainsi fustigé le silence de ceux qui auraient accepté de «servir la soupe» à l’organisation terroriste, visant nommément l’ancien Premier ministre.

Même indignation chez l’eurodéputée Manon Aubry qui associe Manuels Valls à Macron et Hollande, leur reprochant de vouloir «protéger les intérêts des multinationales» à n’importe quel prix.

Le sujet semble exaspérer dans les rangs de LFI, puisqu’il a encore fait l’objet d’une discussion entre les députés Adrien Quatennens et Alexis Corbière sur Twitter. Si le premier s’est contenté de vilipender les «salopards» ayant fait affaire avec Daech*, le second a clairement accusé Manuel Valls d’avoir été «complaisant» avec l’entité terroriste.

Le débat a également essaimé chez EELV, la candidate à la primaire Sandrine Rousseau demandant à Manuel Valls des «explications».

L’État informé, selon Libération

Libération avait jeté un pavé dans la mare le 13 juillet, révélant que l’État français avait connaissance des financements versés à Daech* par Lafarge, dès l’été 2014. Le quotidien livrait à l’appui une note de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), parlant d’«agreement» pour une poursuite d’activités commerciales, dans le nord-est syrien.

Le document tendrait à prouver que la France était au courant des liens entre le cimentier et le groupe terroriste dès août 2014, avant même la prise de l’usine de Jalabiya par Daech*. Jusqu’alors la polémique avait porté sur les relations ultérieures à la chute du complexe. L’implication de la diplomatie à cette période avait déjà été mise en lumière par Libération, qui avait révélé des échanges de mail entre Laurent Fabius et l'ambassadeur de France en Syrie, Franck Gellet. Le ministre des Affaires étrangères s’y inquiétait notamment que l’usine, tombée aux mains des terroristes, puisse être bombardée par les Américains.

Les liens troubles entre Lafarge et Daech* font l’objet d’une lourde bataille juridique, entamée en juin 2017. Plusieurs cadres, dont l’ancien PDG de Lafarge Bruno Lafont, ont été mis en examen, pour financement du terrorisme. En juin 2018, l’entreprise elle-même avait été mise en examen, notamment pour complicité de crime contre l’humanité. Une mise en examen finalement annulée par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, en 2019. Mais cette décision a elle-même été contestée par les parties civiles et plusieurs ONG devant la Cour de cassation, qui doit désormais se prononcer sur leur pourvois.

La note de la DGSE a d’ailleurs été transmise par le ministère de la Défense aux juges d’instruction.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
Manuel Valls, Lafarge, Daech, Etat islamique, Syrie, terrorisme
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