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Le général François Lecointre, sur le point de quitter son poste de chef d’état-major des armées, détaille auprès du Figaro ce que signifie la fin de l’opération Barkhane, se prononce sur les tribunes de militaires et prévient des menaces qui attendent la France.

Mercredi 21 juillet, le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, quittera le service actif. Dans un entretien au Figaro, il fait le bilan de ses quatre années en fonction et parle de l’avenir, prédisant notamment que l’armée française sera engagée dans davantage de conflits.

Il évoque d’abord l’opération Barkhane, dont la fin a été annoncée par Emmanuel Macron. À l’instar de ce dernier, il affirme que l’armée française restera bel et bien au Sahel, mais que sa mission change. «En fait, ce que le chef de l’État a voulu dire, c’est qu’il ne fallait plus que la France combatte seule face à un ennemi identifié susceptible de conquérir tout le pays».

«Il est difficile de faire comprendre à nos élus, à notre opinion publique que le pire a été évité et que ceci est à porter au crédit des militaires», assure-t-il.

Les prochaines interventions françaises dans cette région devraient se faire avec d’autres forces européennes. Mais d’autres conflits se profilent à l’horizon.

«Guerre future»

«Les menaces se cumulent», prévient ensuite le général Lecointre. Outre le terrorisme, il cite des «tensions dans le spatial», les cyberattaques et les espaces sous-marins. «Nous sommes une armée d’emploi qui doit aussi se préparer à une guerre future qui n’est pas celle d’aujourd’hui», ajoute-t-il. Citant la Turquie, l’Iran et la Russie, il prédit également des «confrontations avec des acteurs régionaux» qui «se rapprochent de nous». «La France ne peut imaginer qu’elle va rester à l’écart comme dans une bulle protégée».

Le 7 juillet, lors de sa dernière audition devant les députés de la commission de la Défense, il avait réclamé davantage de moyens pour l’armée, malgré le vote de la loi de programmation militaire qui avait encore augmenté le budget de celle-ci.

«Si vous voulez préserver notre liberté, il faut que vous nous donniez les moyens de la préserver», insiste-t-il auprès du Figaro.

En effet, un rapport d’un think tank américain a récemment mis en exergue la faible capacité française à tenir un conflit sur le long terme. «Un engagement massif nous demandera sans doute de passer par des alliances et des coopérations», reconnaissait le général devant la commission.

Tribunes

Sa dernière année en fonction a également été marquée par des tribunes de militaires, dont certains signataires avaient été convoqués. M.Lecointre ne «pense pas» que de telles opinions soient majoritaires dans l’armée, bien qu’il y ait un «constat d’un danger de séparatisme» et affirme que les armées restent en général «prudentes dans l’expression de toute opinion politique».

En juillet, il avait également évoqué ce sujet face aux députés: «c'est le long ennui et le long sentiment d'impuissance, ne plus pouvoir agir sur les choses, qui poussent certains à dire n'importe quoi», tout en rappelant que nombre de militaires ont écrit des articles et des livres, à condition de maîtriser les sujets.

Après l’armée

Quant au fait d’écrire lui-même, il confie que «ça ne sera pas pour tout de suite» pour ne pas «emmerder [s]on successeur». Mercredi prochain, il passera le flambeau à Thierry Burkhard, l’actuel chef d’état-major de l’armée de Terre. Et la suite de sa carrière? «Je m’occuperai des prisons. Je ne me vois pas dans beaucoup de fonctions», conclut-il, «en tout cas je ne m'imagine pas aller travailler chez un industriel de l'armement, cela me paraîtrait indigne d'un ancien chef d'État-Major des armées».

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Tags:
menaces, Forces armées françaises, opération Barkhane, État-Major des armées français (EMA), François Lecointre
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