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L'instauration du pass sanitaire pour les 12-17 ans à partir du 30 août provoque le malaise de nombreux parents d’adolescents qui craignent les effets secondaires de la vaccination, comme les myocardites dont des cas rares ont déjà été identifiés aux États-Unis. Pourtant, les pédiatres y sont favorables.

Les pédiatres préconisent la vaccination des 12-17 ans, considérant que les bénéfices attendus surpassent les risques face au variant Delta.

Depuis le 15 juin, l’accès à la vaccination a été élargi à tous les enfants de 12 à 17 ans inclus, sauf pour les adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS) à la suite d’une infection par le SARS-CoV-2.

Jusqu’à cette date, la Société française de pédiatrie n’avait recommandé de vacciner que les adolescents souffrant d’une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ou en contact avec des personnes immunodéprimées.

Les conséquences éventuelles de la vaccination

C’est une étude publiée début juillet par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains qui a fait évoluer leur position. À la suite de près de 52 millions de doses injectées à des jeunes âgés de 12 à 17 ans aux États-Unis, un seul effet indésirable a été détecté. Il s’agit de la myocardite, une inflammation du muscle cardiaque qui s’est manifestée chez un garçon sur 20.000 et une fille sur 100.000.

«Ces myocardites sont des maladies qui conduisent souvent à l'hospitalisation, mais qui n'ont pas eu de gravité propre», note sur Europe 1 Robert Cohen, président du Conseil national professionnel de pédiatrie. «C'est-à-dire que tous les adolescents ont guéri dans des délais brefs sans conséquences secondaires. Ces myocardites surviennent uniquement à la deuxième dose.»

«Pour les enfants, qui sont globalement épargnés par les formes graves de la maladie, l’intérêt n’est pas tant d’éviter des hospitalisations et des décès que de leur laisser entrevoir l’espoir de reprendre une vie proche de celle d’avant la pandémie», renchérit au Figaro la présidente de la Société française de pédiatrie, Christèle Gras-Le Guen.

La préoccupation des parents

Des tentatives de rassurer qui ne satisfont pourtant pas de nombreux parents qui s’inquiètent du manque de recul sur les vaccins à ARN messager, indique La Croix.

«J’espère qu’il n’y aura pas d’effets secondaires, qu’Eliott ne va pas faire une myocardite, par exemple», explique à La Croix une habitante de la proche banlieue parisienne avant d’ajouter: «on n’a pas envie que ça tombe sur notre enfant… Je ne m’inquiète pas outre mesure, mais j’y pense».

«Il est en effet dommage que l’on soit obligé d’en arriver là, d’autant que les bénéfices directs pour les adolescents sont très faibles», déplore auprès du journal Alexandra Benachi, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Antoine Béclère de Clamart et rapporteur de l’avis.

L’importance de la pharmacovigilance évoquée

Robert Cohen estime pourtant auprès du Figaro que le risque justifie toutefois une stratégie de prévention spécifique. Il recommande ainsi de subir un test sérologique pour éviter l’administration de la seconde injection à tous les adolescents qui ont contracté une infection naturelle au Covid-19, qui a souvent été asymptomatique, et d’être vigilants après la vaccination.

«Le risque de myocardite était indétectable dans les études de phase 3, qui portaient sur 2.000 personnes, ce qui illustre bien l’importance de la pharmacovigilance», note auprès du Figaro le Pr Christèle Gras-Le Guen. «Elle va être essentielle dans les semaines qui viennent.»

Selon le site Covid Tracker, 18,17% des personnes âgées de 0 à 17 ans sont partiellement vaccinées au 15 juillet en France alors que seuls 3,92% sont complètement vaccinés.

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Tags:
France, vaccination, variant Delta du Covid-19
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