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Alors que près de 114.000 personnes ont manifesté le 17 juillet contre les annonces du Président, les renseignements préviennent d’une possible radicalisation du mouvement anti-pass sanitaire en expliquant que des «groupuscules extrêmes», présents dans les rangs des protestataires, pourraient éventuellement «prendre le contrôle».

Une semaine après les annonces d’Emmanuel Macron sur la généralisation du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants qui ont débouché le 17 juillet sur une mobilisation importante, un rapport des renseignements territoriaux (RT) consulté par Le Parisien, met en garde contre un risque de radicalisation du mouvement.

«À l’instar de ce qui s’est passé durant la crise des Gilets jaunes, plus le conflit durera plus le risque est grand que les plus déterminés et les radicalisés parviennent à prendre le contrôle», précise le document datant du 19 juillet, repris par le quotidien.

«Groupuscules extrêmes»

Le texte explique que dans ce mouvement hétéroclite il y a, entre autres, des représentants des «ultras»: une «ultra-gauche discrète», représentée notamment par le mouvement écologiste de la désobéissance civile Extinction Rebellion ainsi qu’une ultra-droite, avec «des catholiques intégristes, des militants anti-vaccins ou covido-sceptiques».

Vu que le socle de ces manifestations constitue un «milieu hyper populaire», principalement peu habitué à assister à des rassemblements et donc susceptible à un moment donné de «perdre le contrôle des cortèges», des «groupuscules extrêmes» présents au rang des participants et «souvent très bien organisés», peuvent le reprendre, alertent les RT.

Comparaison avec les Gilets jaunes

Évoquant les appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux, le document fait part d’«un mode opératoire identique» à celui utilisé lors du mouvement des Gilets jaunes. De plus, ce sont des figures de la protestation déclenchée en automne 2018 comme, notamment, Jérôme Rodrigues, Éric Drouet ou Maxime Nicolle –d’ailleurs assez populaires sur les réseaux sociaux- qui appellent à battre le pavé face au durcissement des mesures sanitaires, est-il détaillé.

«Messages radicalisés»

Les RT évoquent également les messages «parfois très durs, voire radicalisés» à l’égard du gouvernement, poursuit Le Parisien. Parmi des exemples de ses slogans «radicalisés» on trouve notamment une «dictature sanitaire», un «apartheid entre vaccinés et non vaccinés» ainsi que le recours à certains symboles nazis. L’utilisation par les anti-vax de l’étoile jaune, imposée aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, provoque d’ailleurs l’indignation des rescapés des camps de concentration.

En effet, les comparaisons de la politique –ici vaccinale- du gouvernement français avec celle du IIIe Reich ne manquent pas. Et même plus: des images d’une affiche polémique représentant une photo détournée d’Emmanuel Macron, assortie du slogan écrit en lettres blanches sur fond rouge «Obéis, fais-toi vacciner», circulent sur les réseaux sociaux.

«C’est des vraies balles que vous allez vous prendre»

Suite aux annonces d’Emmanuel Macron le 12 juillet, plusieurs députés pro-vaccin ont d’ailleurs déjà été menacés de mort par des opposants à de nouvelles restrictions anti-Covid. Ainsi, quelques jours après l’allocution du chef de l’État, les députés marcheurs, Patricia Mirallès (Hérault) et Jean-Marc Zulesi (Bouches-du-Rhône) ont reçu des mails à caractère violent au contenu identique. Ils ont fait part de ce message sur les réseaux sociaux.

Pour Jean-Marc Zulesi, qui a également posté le 16 juillet une photo d’une poupée mutilée, les intimidations sont allées «jusqu'à son domicile».

Centres de vaccination dégradés

Qui plus est, ces derniers jours le nombre de cas de dégradation de centres de vaccination augmente également en France. Ainsi, dans la nuit du 16 au 17 juillet, l’une de ces structures a été vandalisée à Lans-en-Vercors, en Isère, où du mobilier, des seringues et des compresses ont été dégradés, rapporte l’AFP. Sur la scène des faits, des inscriptions anti-vaccins, comme «ARN=Danger» ou «Vaccin=génocide», ainsi que des croix de Lorraine ont été taguées, détaille l’agence de presse.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, le feu s’est déclaré dans le centre de vaccination d'Urrugne, dans la nuit du 17 au 18 juillet. Une enquête pour destruction volontaire a été ouverte. Le 18 juillet, c’est celui d’Audincourt, dans le Doubs, qui a été privé d’électricité pendant plus d’une heure. «Environ 3.500 doses» de vaccin Pfizer stockés à l’intérieur doivent désormais faire objet d’un examen pharmaceutique qui déterminera si elles peuvent toujours être utilisées, explique le maire de la ville au Figaro.

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Tags:
Covid-19, vaccination
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