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Face au virus qui se propage, le Conseil des ministres a adopté le 19 juillet un projet de loi comprenant l'obligation vaccinale des soignants et étendant le pass sanitaire. La loi prévoit également la mise en place de contrôles qui pourraient être réalisés par les forces de l’ordre, lesquelles ne manifestent que peu d’enthousiasme à le faire.

«Nous sommes des restaurateurs, des gens qui vendent de la convivialité, on n’est pas là pour faire la police!», a déclaré à L’Est Républicain un restaurateur de Toul en réagissant aux annonces d’Emmanuel Macron étendant l’obligation du pass sanitaire au 1er août aux bars et restaurants notamment. Les gendarmes et les policiers ne sont pas non plus enclins à veiller au respect de cette mesure et à l’isolement des personnes testées positives.

«Nous n’avons pas beaucoup de policiers disponibles pour exercer cette mission, qui n’est absolument pas dans notre cœur de métier», a fait savoir sur Franceinfo Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat de police Alliance, rappelant que «la délinquance du quotidien est toujours là, la lutte contre le terrorisme est toujours là, les contrôles aux frontières sont toujours là».

Thierry Pain, secrétaire régional du syndicat Unité SGP-Police FO, basé à Tours, a pour sa part prévenu que les interventions seraient prioritaires. «Si nous sommes appelés pour des missions de police-secours, ce qui est la base de notre métier, c'est-à-dire des accidents, des agressions, des vols, le pass sanitaire passera en second», a-t-il assuré sur France Bleu.

Contactés par 20 Minutes, les syndicats de gardiens de la paix sont unanimes: les policiers ne sont pas assez nombreux pour effectuer ces missions.

«On ne peut pas lutter contre les stupéfiants, les violences intrafamiliales, sécuriser les quartiers touristiques, les villes balnéaires, et nous demander en plus de contrôler les terrasses des restaurants», a indiqué Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police-FO.

«On a clairement autre chose à faire», affirme-t-il.

Un avis également partagé par Roger Hua, médecin généraliste et secrétaire général du Syndicat des médecins libéraux (SML). Selon lui, les forces de l’ordre ont «beaucoup d’autres tâches» à faire que contrôler l'isolement obligatoire pour tous les infectés.

«On ne va pas pouvoir mettre un policier ou un gendarme sur les quelques 3.000 ou 4.000 personnes de plus, à chaque fois qu’on doit isoler».

​Le projet de loi validé par le Conseil d'État 

Alors que le mouvement anti-pass sanitaire prend de l’ampleur, le Conseil d'État a donné ce lundi son feu vert au projet de loi sur la généralisation de ce dispositif et la vaccination obligatoire des soignants tout en minorant les amendes. La contravention en cas de premier manquement à l'obligation de contrôle du pass sanitaire pourra aller «jusqu'à 1.500 euros pour une personne physique et 7.500 euros pour une personne morale».

Il a par ailleurs validé la sanction d'un an de prison et de 9.000 euros d'amende en cas de verbalisations à plus de trois reprises dans un délai de 30 jours. Elle s'élèvera à 45.000 euros pour les personnes morales à partir de la cinquième verbalisation.

L'isolement obligatoire de 10 jours pour les personnes contaminées par le Covid-19 a été approuvé par le Conseil d'État, qui a recommandé de ne pas avoir recours à des contrôles de police à domicile après 21h.

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Tags:
pass sanitaire, police, France
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