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Après avoir affirmé que les enfants devraient présenter un pass sanitaire pour être acceptés dans les centres de loisirs et d’accueil, le maire de Nice a adouci sa position.

Finalement votée à l’Assemblée après de longues délibérations, l’extension du pass sanitaire déconcerte aussi à l’échelon local. Preuve en est le revirement du maire de Nice, Christian Estrosi, qui vient de revenir sur sa décision relative aux centres de loisirs et d’accueil de sa ville.

L’élu avait pourtant annoncé que les enfants ne pourraient pénétrer dans l’enceinte de ces structures que «munis d’un test PCR de moins de 48h ou pour les plus de 12 ans d’un certificat de vaccination», selon Nice Matin. La mesure, qui prenait également en compte les tests salivaires, aurait dû entrer en vigueur le 28 juillet. Un e-mail avait même été envoyé aux parents concernés.

Mais Christian Estrosi a finalement rétropédalé moins de vingt-quatre après ses annonces, déclarant sur Twitter que seuls les tests salivaires seraient pratiqués. Ils seront aussi demandés aux animateurs et personnels non vaccinés travaillant dans ces centres.

Les raisons de cette volte-face restent floues, même si l’on sait que la décision du maire de Nice avait suscité la colère du côté des prétoires. Maître Xavier Fruton, du barreau de Nice, avait ainsi saisi le préfet et la direction départementale de la Cohésion sociale, pour «voie de fait» après les annonces de l’édile. Dans un communiqué, l’avocat a d’ailleurs ironisé sur la «reculade politique» de la mairie, y voyant une forme d’aveu et rappelant que la discrimination des enfants sans pass-sanitaire n’était «pas acceptable [ni] légale».

«En maintenant sa mesure, le maire de Nice aurait mis en grande difficulté les directeurs de centre de loisirs, qui auraient pu, en refusant des enfants dès ce mercredi, se voir être condamnés pénalement», a expliqué Me Fruton dans son communiqué.

Vaccination des enfants et adolescents

Alors que la vaccination a été ouverte aux 12-17 ans depuis le 15 juin, le gouvernement hésite à astreindre les plus jeunes aux obligations du pass sanitaire. Mi-juillet, Oliver Véran avait affirmé que les 12-17 ans en seraient exemptés jusqu’au 30 août. Mais les députés ont finalement voté un report jusqu’à la fin septembre, en commission des lois.

Sur le front de la vaccination, Jean Castex a pour sa part déclaré vouloir «mettre le paquet» concernant les plus jeunes, annonçant sur TF1 que des dispositifs seraient mis en place dans les établissements scolaires. Des injections seront proposées dans les collèges et lycées à la rentrée, a confirmé le ministre de l’Éducation, Jean Michel Blanquer, en déplacement à Tokyo.

Un temps envisagée, l’instauration du pass sanitaire à l’entrée des établissements scolaires a été abandonnée. Pas de quoi rassurer la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), laquelle s’inquiète pour les activités hors les murs, comme les cours de sport dont la natation, qui pourraient voir les enfants non-vaccinés exclus de fait.

Rodrigo Arenas, vice-président de la FCPE a d’ailleurs mis en garde contre un «enseignement à deux vitesses», rapporte Actu.fr. Le haut responsable a en outre accusé le gouvernement de vouloir mettre en place une «vaccination obligatoire déguisée», à travers l’extension du pass sanitaire.

Ce 22 juillet, le porte-parole du gouvernement avait d’ailleurs déclaré sur France Inter qu’Emmanuel Macron «n’écartait pas à terme une vaccination obligatoire».

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Covid-19, vaccination, Christian Estrosi, Nice, mairie de Nice, enfants, adolescents
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