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Le médecin urgentiste Patrick Pelloux a déclaré sur BFM TV que le pass sanitaire était un «compromis juste» même s’il est préférable de convaincre plutôt que de contraindre. Il estime par ailleurs que la vaccination est de toute façon déjà quasiment obligatoire pour voyager.

Le pass sanitaire est-il une bonne mesure? Pour le président de l’Association des médecins urgentistes de France, Patrick Pelloux, il s’agit d’un «compromis juste» du gouvernement pour arriver à un taux de vaccination correct d’ici la fin du mois d’août. Si les récalcitrants sont trop nombreux, il se prononce même en faveur de la vaccination obligatoire dès septembre.

Il estime néanmoins sur BFM TV que multiplier dès maintenant les déclarations sur le pass et la vaccination obligatoires n’est «pas bon» et qu’il convient plutôt de convaincre «au risque d’arcbouter une partie de nos compatriotes contre le vaccin».

À noter que ce médecin a débuté son argumentaire par une fausse information, à savoir que parmi «toutes les personnes qui sont actuellement hospitalisées [pour Covid-19], aucune n’a été vaccinée». En effet, la seule étude nationale sur le statut vaccinal des personnes hospitalisées a été menée entre le 31 mai et le 11 juillet, portant uniquement sur les patients présentant le variant Delta. Ses résultats ont montré que 85% des entrées sont des patients non-vaccinés, avec tout de même 7% de totalement vaccinés.

Ainsi, les vaccins protègent efficacement contre les formes graves, et les hospitalisations, mais ne la préviennent pas à 100%. L’augmentation des hospitalisations reste toutefois largement portée par les personnes non vaccinées, indique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui a mené l’étude.

Vaccination obligatoire de facto

Patrick Pelloux rappelle que «d’une manière ou d’une autre, les systèmes vont rendre cette vaccination obligatoire», prenant pour exemple les avions et d’autres transports en commun, les hôtels, et les arrivées dans un pays étranger. Le 8 juillet, sur la même chaîne, il avait accusé les Français non vaccinés d’être lancés dans un débat de «pays de riche» dans lequel les tests et le vaccin sont gratuits.

La veille, sur RMC, il se montrait également pessimiste quant à la situation sanitaire à venir, présageant qu’«on va faire tout l’alphabet grec» avec l’arrivée de nouveaux variants et que «ça va durer des années». «Pour l’instant, on a une chance incroyable, les vaccins fonctionnent contre tous ces variants», avait-il plaidé.

Validation

Ce jeudi 5 août, le Conseil constitutionnel se prononcera sur la validation, ou non, de l’extension du pass sanitaire. Pour le défenseur des droits, quelques points posent problème, que ce soit le choix d’une procédure accélérée sans débat démocratique «compte tenu de l’ampleur des atteintes aux droits et libertés fondamentales» ou encore les nombreuses «zones d’ombre» dans plusieurs dispositions du texte.

Cette loi instaure par exemple «le contrôle d’une partie de la population par une autre», à savoir que des entreprises publiques et privées seront tenues de contrôler le pass  sanitaire de leur clientèle, un pouvoir normalement octroyé à la police. Une autre inquiétude porte sur les discriminations à l’emploi, où des personnes sans pass  sanitaire pourraient in fine perdre leur emploi ou être discriminées dans leur recherche d’emploi.

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Tags:
passeport sanitaire, vaccination, Covid-19, obligation vaccinale
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