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Sur Franceinfo, le maire PS de Nancy a fustigé la décision d’élus RN de ne pas impliquer la police municipale dans le contrôle des pass sanitaires.

Une semaine après l’extension du pass sanitaire aux cafés et restaurants, la question des contrôles n’en finit plus de faire l’actualité, entre comportement agressif de certains clients et réticence d’élus à faire appliquer la mesure.

Plusieurs maires RN ont en effet annoncé qu’ils ne solliciteraient pas la police municipale pour contrôler les pass sanitaires. Parmi eux, Fabien Engelmann, maire d’Hayange, en Moselle, qui a déclaré dans un communiqué que les forces de l’ordre avaient «des choses plus urgentes à faire que de contrôler chaque personne attablée dans notre pays».

Une décision qui n’a pas plu à son voisin de Meurthe-et-Moselle Mathieu Klein, maire PS de Nancy, qui s’en est ému sur Franceinfo. L’édile de gauche a fustigé une «position dramatique sur le plan sanitaire», appelant les maires à protéger leurs administrés, «fut-ce au prix, parfois, de mesures contraignantes».

«On voit là le vrai visage de l'extrême droite. Ils ont un discours de l'ordre et de la sécurité mais dans les faits, ce sont les premiers à ne pas respecter la loi. Ce sont les premiers aujourd'hui à mettre en danger la santé des habitants de leurs communes», a ainsi déclaré Mathieu Klein sur la radio publique.

Le maire de Nancy a ajouté que les contrôles du pass ou des gestes barrières relevaient bien, selon lui, d’une «mission de la police municipale» et que les forces de l’ordre se déploieraient bien à Nancy. L’édile a également enjoint le gouvernement à s’«interroger désormais sur la vaccination obligatoire».

Des contrôles décriés

La question des contrôles des pass sanitaires avait agité les débats avant même l’entrée en vigueur de la mesure. Sur TF1, Jean Castex avait rappelé que le scannage des codes QR reviendrait aux restaurateurs et cafetiers, mais que les contrôles d’identité relevaient des seules forces de l’ordre. La vérification d’une pièce d’identité est pourtant essentielle pour éviter les fraudes, notamment l’usage d’un pass sanitaire par un proche.

Mais certains ont vu d’un mauvais œil le fait d’en appeler aux policiers municipaux pour remplir ce rôle. La fronde a notamment grondé dans les rangs des maires RN et apparentés. À Béziers, Robert Ménard a ainsi dénoncé des contrôles «inapplicables» sur les terrasses des restaurants. Au micro de France Bleu, le maire a ajouté qu’il ne se voyait pas «envoyer la police municipale» pour vérifier les pass des «quatre personnes qui sont là».

Le maire de Fréjus, David Rachline, a pour sa part déclaré à Sputnik ne pas vouloir participer «au flicage des habitants et des commerçants» de son territoire. L’édile renvoie le gouvernement à ses responsabilités, le laissant libre d’envoyer la Police nationale pour procéder aux contrôles.

Mais du côté des syndicats de police, l’idée de contrôler les pass sanitaires a également fait grincer quelques dents. Unité SGP Police-FO avait ainsi dénoncé des «missions chronophages», par la voix de Rocco Contento, secrétaire départemental à Paris. Le délégué général d’Alliance Police nationale, Stanislas Gaudon, avait pour sa part fustigé des contrôles «absolument pas dans notre cœur de métier», sur Franceinfo.

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Tags:
Covid-19, passeport sanitaire, Nancy, police, obligation vaccinale
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