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Après qu’Emmanuel Macron a exhorté l’Europe à donner «une réponse robuste, coordonnée et unie» aux flux migratoires qui risquent d’augmenter en raison de la situation en Afghanistan, le maire de Béziers a rappelé que ni le Président ni Bruxelles n’ont précédemment réussi à ce sujet.

Disant partager les craintes d’Emmanuel Macron sur de possibles «flux migratoires irréguliers vers l’Europe» provoqués par l’arrivée des talibans* au pouvoir en Afghanistan, Robert Ménard souligne pourtant que l’Europe doit non seulement harmoniser les critères de protection, mais aussi les aides, car «les gens choisissent un pays de l’Europe suivant» ce critère.

«Donc si tous les pays européens se mettaient à faire à peu près la même chose, on serait dans une situation à égalité entre les uns et les autres et on n’accueillerait pas autant de réfugiés qu’on refuse pour une bonne partie de réfugiés politiques en France», avance-t-il au micro d’Europe 1.

Il exprime également des doutes concernant la capacité du Président de la République à changer la situation migratoire du pays.

«En 2019, c'était l'année où l'on a reçu le plus d'immigrés en France. Alors Monsieur Macron est un peu mal placé pour expliquer qu'il va faire maintenant ce qu'il n'a jamais fait», ajoute-t-il.

L’incapacité de l’Europe

D’ailleurs, l’élu ne croit pas que l’Europe soit capable de donner «une réponse robuste, coordonnée et unie» aux flux migratoires, selon les mots du Président hier lors de son allocution. Le maire de Béziers rappelle que face à la Turquie et ses menaces en pleine crise syrienne, l’Europe n’a rien fait.

«Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure. J’espère qu’ils vont le faire. Peut-être que ce coup sera bien pour l’Europe et pour la France, j’applaudirais et je le ferai de tout mon cœur. Mais je constate que Monsieur Macron n’a jamais tenu ses promesses en termes de lutte contre l’immigration et l’Europe ne s’est jamais mise d’accord pour avoir les mêmes critères, d’un pays à l’autre, d’accueil de telle ou telle population. Maintenant, si cette crise en Afghanistan permet de changer les choses, j'applaudirais sans aucune arrière-pensée. Je serais content que la France arrive à imposer des critères communs en Europe et que le chef de l’État fasse ce qu’il nous promet de faire, c’est-à-dire ne pas laisser entrer n’importe qui», poursuit-il.

​Robert Ménard rappelle qu’il a passé 25 années à la tête de Reporteurs sans frontières, et qu’il s’est battu sans arrêt pour l’accueil des réfugiés politiques. Ainsi, il souligne qu’il faut continuer d’accueillir ceux dont la vie est menacée à cause de leurs idées ou leurs opinions, car cela constitue la grandeur de la France. Cependant, il met en garde contre les personnes qui «utilisent cette situation pour venir en France pour d'autres raisons».

«On ne peut pas accueillir tout le monde, mais on se doit d'accueillir les réfugiés politiques, ça va de soi. La personne qui dit le contraire c’est quelqu’un qui est fou furieux qui nie toute la réalité, toute l'histoire de notre pays», insiste-t-il.

Limiter l’immigration familiale

L’édile de Béziers estime entre autres que le sujet de l’immigration constitue «une clef de voûte» pour les candidats à la présidentielle. Concernant sa ville, l’édile indique que la question de l’arrivée massive de migrants constitue un problème pour lui en tant que maire, car il n’a pas les moyens d’accueillir autant de gens.

«Donc il faut trouver le moyen le plus juste et le plus équitable pour accueillir ceux qui ont vraiment besoin de venir en France […]. Il y a une immigration, en particulier familiale, qu'il faut limiter. Je vous rappelle que depuis que le chef de l’État est là, il n’a pas manqué une occasion d’élargir les conditions d’accueil des familles et c’est une erreur. Aujourd’hui, on peut pas faire cela. Je ne dis pas qu'il faut arrêter l'immigration, je ne crois pas un instant que cela est possible, mais je suis quelqu’un de bon sens, il faut la limiter», conclut-il.

Les statistiques

D’après les derniers chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), en 2020 déjà, les Afghans ont été les plus nombreux à demander l’asile en France, avec 10.110 demandes, devant la Guinée et le Bangladesh. Se référant au dernier rapport d’activités de l’Ofpra, le portail Infomigrant informe que la France accepte actuellement moins de 60% de ces demandes contre 84% en 2017. D’après les chiffres d’Eurostat, 6.685 Afghans ont obtenu un statut protecteur en France en 2017.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
Emmanuel Macron, Afghanistan, migration, émigration, réfugiés
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