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Évacuations dans le chaos à l'aéroport de Kaboul, août 2021 (84)
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Les maires de plusieurs villes françaises, dont Strasbourg, Lyon, Besançon et Grenoble, ont assuré pouvoir «accueillir dignement» les réfugiés afghans, restant fidèles à leurs «valeurs d’humanité». Ils ont ainsi répondu aux propos polémiques d’Emmanuel Macron sur les «flux migratoires irréguliers». Or, tout le monde ne partage pas leur avis.

Une dizaine de maires français, principalement de gauche, ont réagi, le 17 août sur les réseaux sociaux, à la déclaration du Président de la République, selon laquelle «Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants» venant d’Afghanistan, en rétorquant au chef de l’État: «Nous avons les capacités d’accueillir dignement».

Ainsi, le maire écologiste de Tours Emmanuel Denis a dit «répondre au devoir d'humanité de la France» et «accueillir les Afghanes et Afghans qui cherchent refuge en France».

​Deux autres édiles écologistes, Anne Vignot de Besançon et Grégory Doucet de Lyon, lui font écho.

​Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, note pour sa part que «l'histoire de Marseille se confond avec celle des persécutés, des pourchassés, des affamés, venus ici pour survivre et puis vivre», ajoutant que les réfugiés de Kaboul «auront toujours une place» dans la ville.

​À Strasbourg, l’édile EELV Jeanne Barseghian, fait valoir sa «longue tradition de ville hospitalière».

​Le socialiste Olivier Banchi, maire de Clermont-Ferrand, a exprimé la «solidarité» de sa commune «face aux drames humains en cours en Afghanistan» et déclaré que «nous devons être à la hauteur de nos valeurs».

​«Une honte pour la France»

De son côté, le maire écologiste de Grenoble et candidat à la présidentielle Éric Piolle a critiqué les propos d’Emmanuel Macron dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, qualifiant sa déclaration de «honte pour la France», pays qui «doit respecter ses engagements internationaux». «Nous, maires de tous les bords politiques, appelons l’État à être à la hauteur», a-t-il écrit en légende.

​Sa réplique n’est pas passée inaperçue auprès de la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.

«Éric Piolle n’est pas capable de venir à bout d’un groupuscule local de promotion du burkini à Grenoble mais donne des leçons de géopolitique - au mépris des services de l’État mobilisés jour et nuit, qui n’ont pas attendu sa vidéo pour organiser l’accueil des réfugiés», a fulminé Marlène Schiappa sur Twitter.

​Ce n’est pas la première fois que Mme Schiappa s’écharpe avec Éric Piolle à ce sujet. Fin juillet, elle avait ainsi critiqué son manque de fermeté après une nouvelle opération burkini dans une piscine municipale, l’accusant même de complaisance avec l’islamisme.

Valeurs et convictions

L’édile de Rouen a lui aussi appelé à «être à la hauteur de nos convictions et de l'histoire de notre ville». «D'ores et déjà nous travaillons avec le Centre dramatique national pour accueillir plusieurs familles d'artistes afghans en exil», a-t-il en outre indiqué.

Le maire de Laval, Florian Bercault, a également souligné que sa ville est «fidèle à ses valeurs d’humanité, de solidarité et d’ouverture» et respecte «le droit d’asile».

​Préoccupée par le sort des réfugiés afghans avant même la prise du pouvoir par les talibans*, Martine Aubry, la maire de Lille, avait pour sa part interpellé début août Emmanuel Macron au sujet de l’accueil «des Afghans en danger», soulignant que la ville pourrait y prendre sa part.

Un autre avis

Cependant, ces élus français ne font pas l’unanimité sur cette question. Par exemple, le maire de Nice, Christian Estrosi, a expliqué ce mercredi sur RTL qu’il ne voulait pas accueillir de réfugiés afghans dans sa ville, en qualifiant les talibans* arrivés au pouvoir en Afghanistan de «menace redoutable».

​Il a rappelé les attentats terroristes dont a été victime sa ville ces dernières années, le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais et le 29 octobre 2020 dans la basilique Notre-Dame. Selon lui, la France doit mettre en place une politique migratoire de quotas, «comme cela avait été fait lorsque nous étions au pouvoir avec Nicolas Sarkozy».

*Organisation terroriste interdite en Russie

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France, Afghanistan, réfugiés, maire
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