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La candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau a fait une nouvelle sortie remarquée, cette fois sur Europe 1. Commentant la situation à Marseille, elle a estimé qu’il y avait «une surenchère de l’insécurité», tout en appelant à mieux lutter contre le trafic de drogue.

Quasi inconnue il y a quelques semaines, Sandrine Rousseau enchaîne les phrases choc et les polémiques à l’approche de la primaire des écologistes où elle est candidate. Mercredi 1er septembre, elle s’est exprimée sur Europe 1, notamment sur la situation à Marseille, marquée cet été par des règlements de compte liés au trafic de drogue.

Alors qu’une équipe de l’émission Quotidien montrait il y a quelques jours des barrages routiers contrôlés par des trafiquants, signe de véritables zones de non-droit dans la cité phocéenne, Mme Rousseau semble nier leur existence. «J’y suis allée, dans les quartiers Nord, je n’ai pas vu de barrages», affirme-t-elle.

«Il y a une espèce de surenchère sur l’insécurité à Marseille», ose-t-elle, parlant d’une ville où au moins 15 personnes ont été tuées, souvent par balles, au cours de l’année, sans parler des fusillades qui font des blessés. La candidate à la présidentielle souhaite néanmoins «changer notre politique de la drogue», avec une politique de santé publique sur celle-ci et des enquêtes plus approfondies sur les trafics internationaux de stupéfiants, plutôt que de se contenter de mettre en garde à vue des dealers de rue.

Gestion de Marseille

Pour elle, cette situation est liée à la mauvaise gestion de la ville par la précédente municipalité, remplacée depuis l’an dernier par une majorité socialiste. Elle pointe également les «électrochocs permanents» sous forme d’annonces qui ne se sont jamais concrétisées, comme le dénonçait également la maire adjointe de Marseille le même jour sur RMC.

En visite depuis mercredi 1er septembre, le chef de l’État a d’ores et déjà promis plus de moyens humains et financiers pour la police. Un plan d’investissement massif est également attendu concernant les écoles, les logements et l’insécurité. «On connaît les annonces d’Emmanuel Macron et les difficultés qu’il a à les transformer en actions véritables sur le terrain», commente Sandrine Rousseau.

«Jeter un sort»

Toujours sur Europe 1, elle a qualifié le voile et la burqa de «vêtements sexistes» qu’elle refuserait cependant d’interdire, car «jamais une émancipation n’est obtenue par l’interdiction du vêtement». «Jamais on ne force les femmes à s’émanciper», insiste-t-elle.

L’entretien a également donné lieu à des moments de tensions entre la femme politique et la journaliste Sonia Mabrouk, laquelle l’avait décrite d’«abonnée aux polémiques et vives controverses». «Vous n’allez pas me jeter un sort?», lui a notamment lancé l’éditorialiste, en référence à ses propos du 25 août dans Charlie Hebdo où elle affirme préférer «des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR [des réacteurs nucléaires, ndlr]».

En fin d’interview, Mme Rousseau a eu une «pensée à la rédaction qui a beaucoup souffert cet été et aux journalistes qui sont partis», ce à quoi son interlocutrice a répliqué, non sans ironie: «Oui bien sûr, et comme vous êtes la grande liberté des opprimés, merci de l’avoir dit ce matin sur Europe 1».

Polémiques

C’est vers la mi-août que Sandrine Rousseau a commencé à faire l’actualité, notamment dans Le Figaro, d’abord par une supposée bousculade avec  Éric Piolle lors de l’université d’été de Poitiers, démentie par ce dernier… puis par elle-même.

Sur l’accueil des réfugiés afghans, elle affirmait sur BFM TV le 24 août que «le fait d’avoir des personnes dangereuses, qui sont terroristes […] en France, permet de les surveiller», avant de reconnaître le lendemain sur France Inter une «phrase maladroite». «La peur du terrorisme nous fait perdre nos valeurs aujourd'hui», abondait-elle mercredi sur Europe 1, réaffirmant son souhait de voir la France accueillir plus de réfugiés afghans.

Ses récentes sorties médiatiques lui suffiront-elles à surpasser ses rivaux dès le 16 septembre? L’intéressée assure en tout cas auprès de Libération qu’elle ne fait pas de «stratégie politique là-dessus». «Je porte une incarnation et j’entends la mener jusqu’au second tour de l’élection présidentielle», conclut-elle.

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Marseille, Sandrine Rousseau, insécurité, trafic de drogue, polémique
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