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Un mois s’est écoulé. Mises en demeure, fermetures, amendes et de la prison ferme: les cafés, bars et restaurants qui refusent d’effectuer des vérifications du pass sanitaire chez leurs clients commencent à en ressentir les conséquences à Dijon, Toulon et dans d’autres villes.

Sans pass sanitaire, pas d’accès aux bars, cafés et restaurants depuis le 9 août et jusqu’au 15 novembre, alors que l’exécutif n’exclut pas une prolongation. Les autorités locales ont procédé à des fermetures de premiers établissements qui désobéissent depuis le mois d’août, de la Loire au Tarn-et-Garonne.

Fermés administrativement

Le non-contrôle de la clientèle a coûté une fermeture administrative à un bar à Saint-Étienne fin août, le patron encourant une amende de 1.500 euros, constate France Bleu.

Après quatre semaines de résistance aux nouvelles règles, le Café de la Halle, à Saint-Antonin-Noble-Val, sera fermé pour sept jours, selon la décision des autorités locales du 3 septembre, indique France 3.

L’établissement, qui n’est pas le seul dans cette commune touristique, s’affichait comme une «zone libre» qui «respecte votre liberté». Après qu’une mise en demeure a été ignorée, la préfecture a procédé à des actions concrètes.

Un bar a également été confronté à des sanctions à Toulon et sera fermé pour une durée de sept jours, relate Var-Matin.

À Nîmes, le Seven Hills Pub avait à un moment attaché une affichette «zone free pass» sur la devanture et a dû fermer pour une semaine par la suite.

Des congés forcés ont été annoncés pour une dizaine de salariés. Les pertes de chiffre d'affaires se sont établies à entre 15.000 et 20.000 euros, selon France Bleu.

Fermer pour protester…

Dès le début, certains gérants ont préféré fermer avant d’être sanctionnés. Au lendemain de l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, le restaurant Le Pot du Clape, à Montreuil, a décidé de fermer ses portes, en laissant seulement la vente à emporter. Une semaine plus tard, le personnel a pourtant fait marche arrière pour être «à l’écoute de leurs clients» et a rouvert, avec le contrôle du pass, indique La Voix du Nord.

La décision de fermer a été aussi choisie comme solution par les patrons du restaurant La Promenade à Marcilhac-sur-Célé, dans le Lot, du Bla Blah Café à Pézenas, dans l’Hérault, de Chez David à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, et de Chez Isa à Lodève, dans l’Hérault, informe Midi libre.

La fermeture du restaurant à Lodève s’est déroulée sous une attention particulière de la commune et avec le soutien de beaucoup de riverains. Un cercueil a été installé devant Chez Isa en signe de mort des «bars, restaurants, commerçants et de la liberté», précise Midi libre.

Les gérants du café Chez nous à Dijon ont fermé pour ne pas se plier aux nouvelles mesures et ont appelé d’autres responsables de l’industrie à leur emboîter le pas.

«C’est le boulot d’un policier de contrôler les gens, ce n’est pas le boulot d’un serveur», a indiqué à France 3 Constance, associée du café.

Or, l’arrêt de l’activité de Chez nous semble être le résultat d’un manque de personnel, d’après le quotidien Le Bien public.

Anticipant une fermeture administrative, le gérant du restaurant Aux vieux pavés, à Semur-en-Auxois, en Côte-d'Or, Lucien Bottini, a décidé de baisser le rideau après plusieurs contrôles de police. Son prochain pas a été une grève de la faim pour protester contre le pass sanitaire, relate France 3.

… et en signe de respect du choix

«Nous n’avons aucun problème à contrôler le pass», indique à La Nouvelle République Linda, co-gérante de Karolus, à Chinon, en Indre-et-Loire, qui a fermé pour une autre raison.

«On a décidé de se mettre en congés forcés parce que notre serveuse ne veut pas se faire vacciner et l’on respecte son choix», a expliqué Linda.
Risques administratifs

La procédure pour tous les réfractaires est la suivante. Si un contrôle policier révèle qu’un établissement ne vérifie pas le pass sanitaire de ses clients, il sera confronté à une mise en demeure. Sous 24 heures ouvrées, le propriétaire doit satisfaire aux exigences.

En cas de refus définitif, une fermeture de jusqu’à sept jours peut lui être imposée. En cas de trois récidives en 45 jours, les risques encourus sont un an de prison et 9.000 euros d'amende, ou jusqu'à 45.000 euros pour les personnes morales.

Les récalcitrants «n'auront droit à aucune aide de l'État», avait mis en garde le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

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passeport sanitaire, France, café, restaurant, bar, fermeture
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