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Alors que l’enquête sur l'affaire Adama Traoré est toujours en cours et la culpabilité des gendarmes ayant interpellé le jeune homme en 2016 n’a pas été établi, la candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau dénonce une «une scène de crime» compte tenu des circonstances de la mort.

Alors que l’enquête sur l'affaire Adama Traoré est toujours en cours et la culpabilité des gendarmes ayant interpellé le jeune homme en 2016 n’a pas été établi, la candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau dénonce une «une scène de crime» compte tenu des circonstances de la mort.

S’exprimant le 8 septembre sur LCI au cours des débats entre les candidats à la primaire écologiste, Sandrine Rousseau a confirmé qu’elle soutenait Assa Traoré dans son «combat», allant jusqu’à qualifier de «crime» la mort du frère, Adama, mettant ainsi en cause les trois gendarmes qui l’ont interpellé dans le Val-d’Oise en 2016.

«Le combat d’Assa Traoré, c’est un combat qui défend le droit de savoir ce qu’il s’est passé et le droit de comprendre ce qui s’est passé sur la scène de crime de son frère. Donc oui, Assa Traoré a le droit de mener son combat et oui, je la soutiens dans ce combat», lance-t-elle.

​Violences policières

La candidate à la primaire a notamment dénoncé le fait que «les instructions prennent des années», qu’«il y a des rapports et contre rapports» et «une sorte de défiance sur l’autonomie et l’indépendance de ces rapports» lorsqu’il s’agit de violences policières.

«Ce sur quoi je défends Assa Traoré, c'est de dire que l'on a besoin d'une instruction qui soit complètement indépendante de la police. On ne peut pas garder l’IGPN à l’intérieur de la police. Et en l’occurrence, il faut accepter, quand il y a des erreurs qui sont commises, qu’une enquête réelle avec des moyens, et rapide, soit mise en œuvre pour que les citoyens qui en sont les victimes et les proches des citoyens qui en sont les victimes puissent avoir la vérité le plus rapidement possible», poursuit-elle.

Le 20 août dernier, lors des Journées d'été des écologistes, Sandrine Rousseau a défendu la «mise en place effective dans chaque parquet de référents sur la lutte contre le racisme et les discriminations raciales» ainsi que «l’automaticité de l’inscription du motif aggravant de racisme dans toute procédure judiciaire si la victime en fait la demande ou évoque la dimension raciste du délit ou du crime allégué».

L’enquête toujours en cours

L’enquête n’a pas toujours démontré la culpabilité des trois gendarmes qui ont participé à l’interpellation d’Adama Traoré au cours de laquelle ce dernier est décédé. Ils n’ont pas été mis en examen à ce stade.

En outre, en février 2021, les gendarmes ont obtenu une condamnation d'Assa Traoré par la cour d'appel de Paris, devant laquelle ils l'attaquaient au civil pour «atteinte à la présomption d'innocence» suite aux messages diffusés sur la page «La vérité pour Adama» en 2019. L’un d’eux assurait que le jeune homme avait été «laissé pour mort». Un autre accusait les forces de l’ordre de l’avoir «tué». Assa Traoré avait également livré les noms des trois hommes qu’elle considérait comme coupables.

La cour a ordonné la suppression de deux des cinq messages de la page Facebook, la publication d'un communiqué de justice évoquant cette condamnation sous peine d'astreinte et le versement de 4.000 euros de frais de justice aux gendarmes.

Mi-juillet, Mediapart a révélé que les trois gendarmes impliqués dans les faits avaient été décorés le 5 septembre 2019. Ils ont reçu une «citation sans croix simple à l’ordre du régiment» pour être «parvenus» à «localiser et interpeller» Adama Traoré le 19 juillet 2016 et pour avoir fait preuve «en la circonstance, d’un engagement remarquable et d’une détermination sans faille qui font honneur à la gendarmerie nationale».

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France, Adama Traoré, Assa Traoré, racisme
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