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La stratégie de lutte contre la pauvreté et l’isolation sociale mise en place par le maire de Grigny, Philippe Rio, a été appréciée par l’association City Mayors Foundation qui lui a attribué le titre de meilleur maire du monde. L'édile fournit diverses aides sociales aux élèves et se bat pour assurer l’accès à la formation aux jeunes sans diplôme.

Après quelques mois de suspense, le maire de Grigny, la ville la plus pauvre de France, s’est vu décerner le prix de meilleur maire du monde par l’association City Mayors Foundation.

Située en banlieue parisienne, cette commune qui abrite le plus grand nombre de personnes démunies de France, selon un rapport de l’Observatoire des inégalités publié en 2020, se distingue par la gestion de Philippe Rio, qui y est né. Membre du Parti communiste français (PCF), il est engagé contre l’isolation sociale et contre la pauvreté de cette ville où 50% d’habitants sont concernés par des revenus bas, un chiffre ayant augmenté de 5% en raison de la crise sanitaire, selon l’édile.

Le titre est partagé à l’égalité avec le maire de Rotterdam.

«Les deux villes sont très différentes: l'une abrite le plus grand port d'Europe, l'autre est une ville ouvrière, faisant partie de la banlieue sud de Paris, mais tous deux défendent des valeurs communes» a déclaré Tann vom Hove, porte-parole de la fondation.

Alors que Philippe Rio, à la tête de la ville depuis 2012, «se bat pour la dignité humaine, le respect d'autrui, la tolérance, la paix et la liberté», son collègue néerlandais est «un fervent défenseur des principes de liberté, de tolérance et de solidarité».

Les démarches réalisées

Le maire a réussi à obtenir des financements publics pour acquérir des équipements éducatifs et culturels et pour améliorer les espaces publics. Il a également reçu des fonds pour effectuer des réparations indispensables à Grigny 2, l'un des plus grands ensembles immobiliers mixtes d'Europe, détaille la fondation.

Au cours de la prochaine décennie, grâce à l'utilisation de sources géothermiques, environ 80% des besoins énergétiques de Grigny seront couverts par des énergies renouvelables.

En décembre 2020, une liste de 21 mesures applicables dans l’immédiat a été établie par les autorités locales pour lancer la bataille contre la précarité. Ce plan se réalise avec l’assistance de l’Éducation nationale, de Pôle emploi, de la CAF, de l’Assurance maladie, de l’ARS, de la mission locale, détaille Le Parisien.

Aides aux élèves

Parmi ces dispositifs figurent l’installation d’un pôle gynécologie pour contrôler le taux de natalité qui explose dans la commune, la mise en place d’activités pour les enfants qui restent chez eux pendant les vacances, le dédoublement des classes de grande section, la prise en charge des petits-déjeuners pour les élèves de maternelle.

Environ 1.800 élèves dont certains ne déjeunent pas chez eux bénéficient désormais de cette mesure. Afin de répondre à ce besoin, la ville livre 300 kg de fruits par semaine, 3.000 portions de fromage, ainsi que du pain et des biscottes. Le coût de la nourriture financée par l’État revient à 0,85 euro par enfant et par jour, précise le quotidien. 

2.750 kits scolaires comprenant une trousse, des stylos, une gomme, une règle et une équerre ont été distribués aux élèves de cours élémentaires, ainsi que 500 calculatrices aux CM2 passant au collège. Enfin, 300 étudiants ont reçu une allocation de 150 euros.

Formation des jeunes

Dans une interview publiée par la City Mayors Foundation, M.Rio explique qu’il est indispensable de participer à l’éducation des jeunes en les impliquant dans diverses activités sportives et culturelles pour éviter leur chute dans la délinquance.

Enfin, sa stratégie est axée sur la formation des jeunes dont la grande majorité termine à peine l’école. «50% des jeunes sortent du système scolaire sans diplôme, sans qualification», a-t-il noté. La ville dispose d’un centre de formation et de professionnalisation (CFP) que le maire préside. Selon lui, 60% des apprentis sont des femmes et 55% viennent des quartiers populaires.

Ce centre de formation est «l’université de ceux qui n’ont pas pu y accéder, une université de la seconde chance», a souligné Philippe Rio.

La City Mayors Foundation, créée en 2003, est un groupe de réflexion international dédié aux affaires urbaines géré par des professionnels d’Europe, d’Asie et des Amériques qui travaillent ensemble «pour promouvoir des villes fortes, justes et prospères ainsi qu’un bon gouvernement local».

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Tags:
maire, violences, pauvreté, Essonne, Parti communiste français (FCF)
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