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    Fidel Castro

    Barack Obama, le pape François… Et si Fidel Castro avait déjà tout prédit?

    © AFP 2018 Juan MABROMATA
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    Le 20 mars, Barack Obama est devenu le premier président américain en exercice à visiter Cuba depuis près de neuf décennies. Pourtant, Fidel Castro aurait prédit dès 1973 que les Etats-Unis renoueraient avec Cuba quand ils éliraient un président afro-américain et qu’un pape latino-américain serait à la tête du Vatican. Légende ou prophétie?

    L’histoire veut qu'en 1973, de retour d'une visite au Vietnam, le commandant Fidel Castro aurait organisé une table ronde avec des journalistes étrangers. La guerre froide battait son plein et le journaliste britannique Bryan Davis lui aurait demandé: "Quand pensez-vous que les relations entre Cuba et les États-Unis, deux pays qui sont si éloignés malgré lеur proximité géographique, seront restaurées?". 

    Fidel Castro aurait aussitôt répondu à tous ceux qui étaient dans la salle: "Les Etats-Unis viendront nous parler le jour où leur président sera un Noir et où le monde aura un pape latino-américain. "

    On souligne surtout que, pour Fidel Castro, ce n'était pas une tentative de prédire l'avenir mais une boutade censée signifier que ces évènements n'auront jamais lieu. Un peu comme l’expression "quand les poules auront des dents".

    En anglais, en espagnol, en français et même en arabe, la phrase s’est vite répandue sur les réseaux sociaux et dans la presse à l’heure où les Etats-Unis et Cuba ont entamé le rétablissement de leurs relations depuis la fin de la guerre froide, sept ans après l’élection de Barack Obama, premier président US afro-américain et deux ans après la prise de fonction du pape François, premier pape sud-américain – deux événements pour le moins imprévisibles en 1973. 

    Dans le même temps, plusieurs sources font référence à une conversation entre Che Guevara et Fidel Castro, laquelle serait à l’origine de cette "prophétie".

    En réalité, cette citation est tirée d'un article de Pedro Jorge Solans paru le 10 mars dans le journal argentin El Diario de Carlos Paz.

    Au détour d’un récit de voyage à La Havane, cet écrivain et journaliste argentin aurait rapporté cette anecdote, elle-même racontée par son chauffeur de taxi, un certain Edouardo de la Torre, qui était encore étudiant en 1973.

    Mais puisque cette anecdote a été traduite et retraduite, publiée maintes fois, les circonstances de son apparition et surtout son auteur sont rapidement tombés dans l’oubli, rendant son authenticité difficile à vérifier.

    Le site Snopes.com s’interroge sur la véracité d’une telle information:

    * Solans n'a pas été à Cuba en 1973, quand il affirme que Fidel Castro a fait la déclaration. Donc, il n'a pas pu l'entendre de lui. 

    * Au moment où la déclaration aurait été faite, aucun des journalistes n'en a fait état.

    Le chauffeur de taxi aurait-il alors raconté cette histoire quelques années plus tard? De plus, Solans affirme que Fidel Castro a fait cette déclaration en 1973. Et même s'il ne cite aucune date précise, Fidel Castro est en effet revenu d'un voyage au Vietnam en Septembre 1973.

    Mais si aucun des journalistes présents à l’époque ne confirme ou n’infirme cette histoire, nous ne saurons probablement jamais si l’on peut qualifier Fidel Castro de prophète.

    Vraie ou fausse, prononcée par Fidel Castro ou par quelqu'un d'autre, cette anecdote est une vraie perle. Il est probable que dans quelques années, la question de la véracité de cette présumée déclaration ne se posera plus, tellement sa vraisemblance et sa finesse nous laissent coi.


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    Tags:
    président, Afro-américains, diplomatie, guerre froide, Che Guevara, Fidel Castro, Pape François, Raul Castro, Barack Obama, Cuba, États-Unis
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