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    Pas question d'exclure Moscou du règlement du conflit osséto-géorgien - ministre géorgien (INTERVIEW)

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    TBILISSI, 31 octobre - Natalia Ratiani, RIA Novosti. La proposition géorgienne de modifier la composition de la Commission mixte de contrôle ne signifie pas que Tbilissi souhaite exclure la Russie du processus de réconciliation des parties au conflit, a indiqué le chef de la diplomatie géorgienne, Guela Bejouachvili, dans une interview à RIA-Novosti.

    La Commission (CMC) a été créée en 1994 en tant qu'instrument de cessez-le-feu dans la zone du conflit osséto-géorgien.

    "Il ne s'agit pas de remplacer Moscou par Washington. Personne ne sous-estime le rôle de la Russie dans ce processus. Il s'agit d'établir des règles du jeu équitables et d'élargir la Commission, ainsi que d'améliorer son efficacité. Avec la composition actuelle, nous n'avons pas réussi à résoudre le problème pendant de nombreuses années", a dit le ministre dans sa première interview accordée après sa nomination à ce poste.

    Lundi, la Géorgie envisage de transmettre le plan de règlement du conflit osséto-géorgien aux dirigeants de l'Ossétie du Sud (république autoproclamée au sein de la Géorgie), selon lui.

    Le ministre a qualifié de "parfaitement réaliste et pragmatique" ce plan échelonné jusqu'en 2006.

    Le plan de règlement du conflit, avancé par le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, prévoit d'accorder à l'Ossétie du Sud une large autonomie au sein de la Géorgie, ce qui sera stipulé dans la Constitution.

    Tbilissi est prêt à payer des compensations à la population victime du conflit armé de 1991-1992, à examiner la possibilité de créer une zone de libre échange dans la région de Tskhinvali et à introduire des avantages lors du franchissement de la frontière russo-géorgienne via le tunnel de Roki.

    La principale pierre d'achoppement consiste dans le fait que le plan de règlement prévoit de modifier la composition des forces mixtes de maintien de la paix dans la zone du conflit et d'élargir la Commission mixte de contrôle (CMC) chargée du règlement du conflit osséto-géorgien. A l'heure actuelle, la CMC comprend la Russie, la Géorgie, l'Ossétie du Nord et l'Ossétie du Sud.

    Selon Guela Bejouachvili, le plan se fonde sur les propositions faites par Mikhaïl Saakachvili à New York et à Strasbourg et présente en détail les actions conjointes que doivent coordonner les participants au processus, y compris les donateurs, et les démarches de la Géorgie elle-même.

    Le ministre a refusé de rendre public ce plan avant qu'il ne soit approuvé par la Russie et l'Ossétie du Sud, mais a précisé qu'il comprenait des mesures concrètes : la lutte contre les formations armées illégales, la création de la police, les volumes de l'aide financière nécessaire.

    "Par exemple, nous avons expliqué en détail ce que sont les mesures de confiance. Pour la Géorgie, il s'agit notamment de recenser les retraités, de prévoir dans le budget des compensations, de 1991 à aujourd'hui. Une autre mesure consiste à adopter une loi sur la restitution. Tout cela est consacré dans la liste des actions unilatérales de la Géorgie", a fait savoir le chef de la diplomatie géorgienne.

    Pour lui, la composition de la CMC doit être modifiée. "Il faut inviter des donateurs, en premier lieu l'UE et l'OSCE. Elles connaissent la situation dans la région et peuvent aider à contrôler la frontière, à créer une police conjointe et à réhabiliter la région", a-t-il indiqué en ajoutant que les Etats-Unis pouvaient jouer également un rôle positif dans ce processus, du point de vue du financement.

    Il y a onze ans, le bataillon de soldats de la paix était composé de militaires russes, géorgiens et nord-ossètes, a rappelé le ministre en considérant que cela paraissait "étrange, du fait que l'Ossétie du Nord est une région russe et que les troupes de cette république sont des troupes russes".

    Le parlement géorgien a adopté, le 11 octobre, un document sur les opérations de maintien de la paix et la situation dans les zones de conflit en Géorgie.

    En vertu du document, les soldats de la paix russes dans la zone du conflit osséto-géorgien doivent assurer, avant le 1er février 2006, la mise en œuvre des accords conclus entre les parties. Faute de quoi, le parlement géorgien entamera, le 15 février 2006, la procédure de retrait de l'Accord de Dagomys de 1992 et exigera le retrait des militaires russes.

    "Les unités de maintien de la paix doivent constituer un instrument de démilitarisation, de rétablissement de l'ordre, elles doivent empêcher la contrebande et l'utilisation de nouveaux matériels militaires lourds", a indiqué Guela Bejouachvili. Mais dans le même temps, il a fait ressortir que pour rester en Géorgie, les soldats de la paix devaient prouver leur efficacité.

    Le contingent de la paix mixte, composé des bataillons russe, géorgien et nord-ossète, a été introduit en Ossétie du Sud conformément à l'Accord de Dagomys de 1992. chaque bataillon comprenait 500 militaires. En décembre 2004, les effectifs des bataillons ont été réduits jusqu'à 50 personnes sur décision du ministre géorgien de la Défense.

    Le ministre géorgien des Affaires étrangères s'est dit persuadé que le parlement du pays n'insisterait pas sur le retrait des soldats de la paix si leur activité s'avère constructive.

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