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    Des projets énergétiques turco-russes pourraient être réalisés dans le bassin de la mer Noire, en Irak et en Iran - un expert

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    La Turquie et la Russie disposent du potentiel requis pour coopérer dans le secteur énergétique, depuis l'extraction d'hydrocarbures dans la mer Noire jusqu'à la réalisation de projets conjoints dans les pays tiers.

    ANKARA, 25 avril - Andreï Palaria, RIA Novosti. La Turquie et la Russie disposent du potentiel requis pour coopérer dans le secteur énergétique, depuis l'extraction d'hydrocarbures dans la mer Noire jusqu'à la réalisation de projets conjoints dans les pays tiers.

    "Nous possédons un très grand potentiel pour le développement de la coopération. Ensemble nous sommes en mesure de rechercher du pétrole et du gaz dans la mer Noire, une zone très prometteuse du point de vue des réserves d'hydrocarbures. Des pays tiers pourraient être impliqués dans la réalisation de ces projets, a déclaré Necdet Pamir, coordinateur en chef du Centre d'études stratégiques de l'Eurasie (ASAM), dans une interview accordée à RIA Novosti. Nous pourrions aussi envisager la réalisation de projets en Eurasie, en Irak et en Iran".

    Pour Necdet Pamir, la Turquie et la Russie pourraient également livrer du gaz naturel sur les marchés de pays tiers, plus particulièrement au Proche-Orient, surtout compte tenu que la partie turque est actuellement confrontée à un surplus de combustible russe.

    "Notre surplus de gaz est très important. En 2010, en vertu de contrats divers, la Turquie recevra annuellement environ 50 milliards de mètres cubes de gaz. Pratiquement elle ne pourra en consommer que 40 milliards", a fait remarquer l'expert.

    La Turquie est approvisionnée en gaz russe par le couloir de transit Balkanique et le gazoduc Blue Stream traversant la mer Noire. D'après les experts, en 2015 la Turquie pourrait consommer 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel russe.

    "La Turquie dépend à 65% du gaz russe. C'est une dépendance stratégique sérieuse. La partie turque doit faire face à un surplus de gaz, mais elle n'a pas le droit de réexporter le combustible dans des pays tiers", a souligné le coordinateur en chef du ASAM.

    "Les gazoducs pourraient être prolongés jusqu'au Proche-Orient, en particulier jusqu'en Israël. Pourquoi ne pas vendre du gaz à des pays tiers, en livrer au Nord et au Sud? Une fois débarrassée de ses surplus de gaz la Turquie pourrait pousser un soupir de soulagement", a fait remarquer l'interlocuteur de RIA Novosti en ajoutant qu'au cours de la seule année dernière la facture gazière et pétrolière de la Turquie s'était montée à près de 19 milliards de dollars.

    De l'avis de l'expert, très prometteur aussi est le projet de pipeline pétrolier Samsun-Ceyhan, cependant il ne sera rentable que s'il achemine aussi du brut russe. Tout comme l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui sera inauguré le 27 mai, il permettra d'alléger dans une certaine mesure le trafic des pétroliers dans les détroits de la mer Noire", estime Necdet Pamir.

    "Actuellement quelque 150 millions de tonnes de brut sont acheminées via les détroits. Le Bosphore et les Dardanelles sont d'ores et déjà surchargés, or selon les prévisions quelque 200 millions de tonnes d'or noir devront y passer en 2010", a souligné l'interlocuteur de l'agence.

    "Le risque de catastrophes écologiques qui plane quotidiennement sur les détroits devient commun pour la Turquie, la Russie et les pays du bassin de la mer Noire. Un accident qui surviendrait à un tanker dans la zone des détroits aurait des conséquences imprévisibles pour Istanbul, ses habitants et l'écologie", a déclaré Necdet Pamir.

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