Ecoutez Radio Sputnik
    International

    Interview: Tsahal en échec au Liban (ancien général libanais)

    International
    URL courte
    0 0 0
    BEYROUTH, 9 août - RIA Novosti. Après les échecs essuyés dans la campagne militaire au Liban, des ébranlements sérieux peuvent se produire en Israël, a déclaré dans une interview à RIA Novosti l'ancien général de l'armée libanaise Walid Sukkariya.

    "Il s'agit de la première guerre arabo-israélienne lors de laquelle Israël est contraint de dissimuler l'état réel des choses, de parler de victoires alors que ses troupes essuient des échecs. J'estime que les échecs de l'armée israélienne au Liban provoqueront des ébranlements sérieux dans la société israélienne et entraîneront des changements à la direction de l'armée et au gouvernement", a-t-il indiqué.

    D'après lui, Israël n'a pu atteindre jusqu'à présent aucun des objectifs fixés, alors que leur niveau a sans cesse baissé depuis près d'un mois de campagne militaire.

    "D'abord, Israël s'était posé pour objectif de détruire le potentiel de roquettes du Hezbollah, ses dirigeants, et son infrastructure de commandement militaire. Cependant, deux semaines de raids aériens n'ont rien apporté, sauf des destructions", a expliqué Walid Sukkariya.

    Selon lui, l'aviation israélienne a détruit des ponts et des routes, elle a isolé les régions du sud du reste du territoire du Liban et le pays entier de la Syrie voisine, en vue de priver les combattants de la résistance libanaise qui se trouvent dans le sud de la possibilité de compléter leur arsenal d'armes, surtout de roquettes. Portant des coups aux quartiers d'habitation de Beyrouth et aux localités du Sud-Liban, les dirigeants israéliens estimaient que la vague de réfugiés pourrait dresser la population libanaise contre le Hezbollah.

    "Mais ces projets ne se sont pas vérifiés. La résistance n'a pas été brisée. D'autre part, l'extension de la guerre et la cruauté avec laquelle Israël détruit l'infrastructure civile du Liban - des enfants et des femmes meurent sous les ruines des maisons d'habitation - ne font qu'unir la société libanaise et accroître le nombre de partisans de la résistance à l'agression", a constaté M. Sukkariya.

    L'essentiel, c'est que le potentiel de roquettes du Hezbollah n'a pas été détruit, estime l'expert militaire libanais. Le Hezbollah n'a pas été liquidé, a affirmé l'expert militaire libanais. Les déclarations du commandement israélien selon lesquelles les trois quarts des roquettes à grande et à moyenne portée appartenant à cette organisation ont été détruites ne correspondent pas à la réalité.

    Sans s'acquitter du premier objectif, a-t-il poursuivi, Israël s'est posé un objectif de moindre envergure: débarrasser des combattants et des armes du Hezbollah les régions du Sud-Liban jusqu'au fleuve Litani. Une opération terrestre a alors commencé.

    "Les combats pour Bint Jbeil et d'autres villages libanais ont montré, premièrement, que la résistance libanaise disposait de roquettes capables de détruire les chars israéliens de type Merkava et, deuxièmement, que les combattants du Hezbollah bravaient la mort. Dans ces conditions, une progression d'Israël vers le fleuve Litani ferait de nombreuses victimes, ce à quoi Israël n'est pas prêt", a affirmé l'expert militaire libanais.

    Selon M. Sukkariya, les troupes israéliennes ont pénétré à 1 à 2 km à l'intérieur du Liban et occupent des positions, pour l'essentiel, sur des collines. Mais cela ne signifie nullement qu'il n'y a plus de combattants du Hezbollah dans les régions occupées.

    Israël a épuisé ses possibilités militaires dans la lutte contre le Hezbollah, il ne peut pas venir à bout de la résistance en agissant seul. Tel-Aviv et Washington voient une issue à la situation qui s'est créée dans la mise sous contrôle d'une force internationale du Sud-Liban, ce que prévoit le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU soutenu par les Etats-Unis. Si cette résolution est adoptée, cette force sera chargée de combattre le Hezbollah sur le territoire du Sud-Liban jusqu'au fleuve Litani, a avancé l'expert libanais.

    Compte tenu du rapport des forces politiques dans le monde et au Proche-Orient, Washington réussira à imposer au Conseil de sécurité de l'ONU la décision dont lui et Israël ont besoin. Dans ce cas, le Hezbollah ezbollahse trouvera dans une situation plus difficile qu'aujourd'hui.

    "Israël conservera sa présence militaire au Liban, comme le prévoit le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, Washington et Tel-Aviv conserveront un moyen de faire pression sur l'Etat libanais et sa société. Israël peut profiter de toute action du Hezbollah lancée dans le cadre de la lutte contre l'occupation comme d'un prétexte pour frapper Beyrouth ou une autre région du Liban, soi-disant en vue de lutter contre le terrorisme", a prédit l'analyste militaire libanais.

    Cela conduira, selon lui, à une division de la société libanaise et à l'apparition d'un "front intérieur".

    Le mouvement de la résistance chiite se trouvera entre deux fronts - extérieur (en la personne d'Israël et de la force internationale) et intérieur. Selon Walid Sukkariya, n'importe quelle force internationale qui arrivera au Liban sera aux côtés d'Israël.

    Par conséquent, la prochaine étape politique de la lutte sera pour le Hezbollah et l'ensemble du Liban plus difficile que l'étape militaire, a estimé M. Sukkariya.

    Lire aussi:

    «Cauchemar d’Israël»: le renforcement de l'influence du Hezbollah au Liban alarme Tel Aviv
    Mur israélien: un général libanais n’exclut pas le recours à la force militaire
    L’armée libanaise appelée à une «disponibilité totale» face à la «menace israélienne»
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik