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    Litvinenko voulait faire chanter un oligarque russe (chercheuse)

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    Alexandre Litvinenko, mort le 23 novembre dernier des suites d'un empoisonnement au polonium, envisageait de faire chanter un oligarque russe et une société britannique, a affirmé vendredi à Londres une chercheuse russe qui connaissait l'ex-agent secret.

    LONDRES, 8 décembre - RIA Novosti. Alexandre Litvinenko, mort le 23 novembre dernier des suites d'un empoisonnement au polonium, envisageait de faire chanter un oligarque russe et une société britannique, a affirmé vendredi à Londres une chercheuse russe qui connaissait l'ex-agent secret.

    "Lors de nos entretiens, il me citait un oligarque russe très connu et une compagnie britannique qu'il envisageait de faire chanter. Il disait qu'il disposait de noms, d'adresses, de cartes et que ces informations pouvaient être utilisées à des fins de chantage", a déclaré Ioulia Svetlitchnaïa, chercheuse à l'université de Westminster et spécialiste de la Tchétchénie, lors d'une conférence de presse.

    Mme Svetlitchnaïa a ajouté que si Alexandre Litvinenko ne lui avait jamais parlé de sa vie privée, elle savait qu'il était sans emploi et qu'il avait besoin d'argent pour nourrir sa famille.

    "Je ne crois pas que Litvinenko se sentait en danger", a constaté la chercheuse, ajoutant qu'elle-même ne ressentait "aucune menace directe à sa sécurité".

    Lors de la conférence de presse, Mme Svetlitchnaïa a raconté avoir contacté la police il y a plus d'une semaine, tout comme son collègue de l'université de Westminster James Heartfield, pour leur communiquer toutes les informations dont ils disposaient au sujet d'Alexandre Litvinenko.

    "Hier, nous avons eu un entretien à la police", a-t-elle précisé.

    Mme Svetlitchnaïa a indiqué avoir fait la connaissance d'Alexandre Litvinenko par le biais de Boris Berezovski, homme d'affaires poursuivi par la justice russe qui vit en exil en Grande-Bretagne, quand elle recherchait pour sa thèse des gens susceptibles de lui raconter l'histoire de la Tchétchénie et de ses relations avec la Russie.

    "J'ai obtenu le numéro de portable de Berezovski auprès d'un journaliste britannique. Je lui ai téléphoné, et il m'a rappelé quinze jours plus tard pour me donner le numéro de portable de Litvinenko tout en me prévenant que ce dernier était trop bavard", a raconté Mme Svetlitchnaïa, avant de préciser qu'elle n'avait jamais rencontré M. Berezovski en personne.

    James Heartfield et Ioulia Svetlitchnaïa ont eu plusieurs rendez-vous avec Alexandre Litvinenko en avril-mai 2006. L'émissaire des séparatistes tchétchènes Akhmed Zakaïev a également été invité à un de ces rendez-vous pour exposer sa vision de l'histoire tchétchène et des rapports entre la Tchétchénie et la Russie. Et c'est surtout Litvinenko, et non pas Zakaïev, précisent les chercheurs, qui a parlé politique de la Russie et critiqué les autorités russes.

    Le dernier rendez-vous entre Ioulia Svetlitchnaïa et Alexandre Litvinenko a eu lieu le 22 mai dernier à l'hôtel Hilton Park Lane, dans le centre de Londres. Ils s'entretenaient pendant leurs promenades à Hyde Park, sans que le contenu des entretiens soit enregistré.

    Mme Svetlitchnaïa figurait également dans la liste des contacts e-mail de l'ex-agent russe.

    "J'ai effacé beaucoup de ses lettres, car elles n'avaient aucun rapport avec le sujet de ma thèse", a-t-elle précisé, avant d'ajouter: "Mais j'ai continué à recevoir des courriels de sa part régulièrement jusqu'au mois d'octobre".

    Alexandre Litvinenko lui aurait également transmis un dossier confidentiel du FSB datant de 2005 et relatant la corruption et la criminalité omniprésentes au sein des autorités russes et pendant les campagnes électorales. Interrogé sur les origines du dossier, la chercheuse a indiqué que M. Litvinenko avait des amis au sein des services secrets qui lui auraient fourni les documents en question.

    Mme Svetlitchnaïa a toutefois précisé que l'ex-agent du FSB ne lui avait pas montré les documents dont il allait se servir pour faire chanter ses victimes.

    "Je n'ai jamais travaillé pour l'Etat russe ni pour la compagnie Ioukos", a-t-elle en outre assuré, en rejetant les affirmations selon lesquelles ses aveux pourraient dissimuler certains intérêts politiques ou économiques.

    Alexandre Litvinenko est un ex-officier du Service fédéral de sécurité (FSB) russe exilé en 2000 en Grande-Bretagne qui a fini par lui octroyer la nationalité britannique. Il est décédé mystérieusement le 23 novembre à l'University College Hospital de Londres. Les autorités sanitaires britanniques affirment avoir découvert dans sa dépouille des traces de polonium-210, substance radioactive hautement toxique.

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