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    Moscou fait les frais de son jeu avec les Etats voyous (Kommersant)

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    MOSCOU, 10 avril - RIA Novosti. Il n'y a rien d'étonnant dans les confidences du général iranien Mohammad Bagher Zolghadr, qui a présenté la Russie comme violateur évident de la résolution 1747 du Conseil de sécurité de l'ONU. Il fallait s'attendre à des propos de ce genre de la part des leaders iraniens. C'est le prix que Moscou va devoir payer pour son jeu avec les régimes controversés.

    La Russie a maintes fois sauvé l'Iran d'éventuelles sanctions et, lorsque c'était impossible, elle les a considérablement assouplies. Elle a accompli obstinément cette tâche ingrate, bien que ses efforts soient allés de pair avec le risque de détériorer définitivement les rapports déjà complexes avec les Etats-Unis. Cependant, Moscou a assumé ce risque, en espérant recevoir une compensation importante: d'ordre matériel et politique.

    Les avantages matériels du jeu avec l'Iran, à savoir les paiements pour la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, sont devenus très hypothétiques pour la Russie: début mars, Téhéran a ouvertement accusé Moscou de non-accomplissement de ses engagements concernant Bouchehr. D'ailleurs, les avantages politiques des "rapports privilégiés" avec l'Iran ont également commencé à tourner pour Moscou en inconvénients. Téhéran a refusé de suivre les recommandations de Moscou et ne s'est pas plié aux exigences raisonnables de l'AIEA. Même un avertissement sévère sans précédent, lancé par une source anonyme proche du Kremlin, "nous ne jouerons pas un jeu anti-américain", s'est avéré inutile.

    Comprenant que Moscou est intéressé à entretenir des contacts avec eux, les Etats voyous en profitent habilement. Ils l'obligent à tirer les marrons du feu pour eux (les disculper à l'ONU, ou encore les protéger contre les sanctions), mais, ensuite, au moment propice, ils lui font un croc-en-jambe, ou bien lui tournent le dos, en capitulant avantageusement devant un représentant américain.

    Avant le début de l'opération "Tempête du désert", Saddam Hussein n'avait pas prêté l'oreille aux recommandations de Moscou. La Russie avait flirté avec le "Boucher des Balkans" Slobodan Milosevic qui l'avait maintes fois trompée, en passant des accords séparés avec l'OTAN et en envoyant des messages secrets à Bill Clinton.

    Aujourd'hui, le Kremlin manifeste son respect pour le "dernier guide communiste" Kim Jong Il, mais celui-ci compromet ostensiblement Moscou en procédant à des essais nucléaires et à des tirs de missiles. La Russie édifie un Etat d'union avec Alexandre Loukachenko, mais celui-ci se permet de lancer de grossières diatribes à son adresse et use même du chantage en menaçant de se tourner vers l'Occident.

    En règle générale, Moscou réussit à percer le jeu malhonnête des régimes controversés. Cette compréhension, il est vrai, est souvent tardive.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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