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    La Maison Blanche se consacre à la politique intérieure (Vedomosti)

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    MOSCOU, 26 avril - RIA Novosti. George W. Bush n'en finit pas de perdre son autorité. On compte de moins en moins avec lui, et il commence à faire des compromis sur des questions de principe. Non qu'il devienne un "canard boiteux", mais il s'agit d'une loi du processus politique aux Etats-Unis qui illustre tout l'avantage des élections.

    Au mois de mars, M. Bush échouait dans sa tournée latino-américaine: il n'a pratiquement pas apporté d'argent à ses voisins, et rares sont ceux qui ont pris au sérieux son slogan "l'Amérique est avec vous", surtout au moment où le président vénézuélien Hugo Chavez effectuait une tournée parallèle. Il y a eu ensuite la réaction très réservée à la diatribe munichoise de Vladimir Poutine. La visite à Moscou du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, qui a proposé à la Russie de s'impliquer dans le projet de bouclier antimissile américain, a également été un fiasco.

    Le dossier irakien mine les positions de George W. Bush à l'intérieur même du pays: le Congrès vient d'approuver un projet de loi conditionnant le financement de l'opération en Irak au retrait des troupes. Une autre initiative parlementaire vise à entamer à l'encontre du vice-président Dick Cheney une procédure de destitution pour avoir falsifié les données des services de renseignement sur la situation en Irak en vue de "tromper" les citoyens et le Congrès.

    La rhétorique belliqueuse à l'égard de l'Iran a pratiquement disparu ces derniers temps. M. Bush a même autorisé la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice à ne plus boycotter Téhéran et à entrer en pourparlers avec son homologue iranien Manoucher Mottaki (cette rencontre pourrait avoir lieu lors de la conférence sur l'Irak début mai). La thèse selon laquelle il faut influer sur les intentions de l'Iran tant que celles-ci restent floues semble gagner les esprits à Washington.

    En effet, le président américain a un énorme travail à accomplir sur la scène politique intérieure. La politique étrangère joue un rôle de plus en plus restreint pendant les campagnes électorales américaines. Les gens s'intéressent davantage aux problèmes de l'économie, de la sécurité sociale et des retraites. L'objectif poursuivi par George W. Bush est de laisser la Maison Blanche entre les mains des républicains et de réduire l'écart entre ces derniers et les démocrates au Congrès. Pour cela, il faut garantir la loyauté des "indécis" de la classe moyenne. On estime que les "indécis" représentent 30% à 40% de l'électorat. En outre, c'est la classe moyenne qui apporte une grande partie des cotisations. C'est pourquoi les républicains chercheront à faire preuve de davantage de souplesse, à suivre de près les sondages et à sélectionner minutieusement leur audience ciblée, pourvu qu'ils décrochent un demi pour cent supplémentaire. La Maison Blanche n'a tout simplement pas assez de temps pour s'occuper des initiatives de politique extérieure.

    L'important, c'est la tradition politique. Les Etats-Unis apprécient tellement leurs campagnes électorales que, pour ne pas affecter cette dernière, ils ne commettent pas de démarches brutales en politique étrangère.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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