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    Moins qu'une guerre froide, une rivalité (Kommersant)

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    MOSCOU, 23 mai - RIA Novosti. En critiquant la Russie depuis son ranch texan, le président américain George W. Bush n'a pas seulement exprimé son désaccord avec la nouvelle politique du Kremlin. Il a, de fait, tourné la page du partenariat stratégique dans les relations Russie-Occident.

    A la charnière des deux siècles, les Occidentaux ont accueilli avec méfiance l'avènement au Kremlin d'un nouveau leader russe issu des services secrets. "Qui est M. Poutine?", la question était alors dans tous les esprits.

    Le premier ministre britannique Tony Blair fut le premier à y répondre. Après un entretien informel, à deux semaines de l'élection présidentielle, avec le favori de la campagne, il déclara d'un ton convaincu: "M. Poutine est un intellectuel qui a une idée précise de ce qu'il veut faire en Russie. Sa Russie à lui est une puissance forte où règnent la loi et l'ordre, mais aussi un pays démocratique et libéral".

    Après le chef du gouvernement britannique, ce furent le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président français Jacques Chirac qui montèrent au créneau en appelant l'Occident à "accepter la Russie poutinienne". Et le président américain George W. Bush enfonça le clou après avoir rencontré Vladimir Poutine en 2001 en Slovénie: "J'ai regardé ce mec droit dans les yeux, on peut lui faire confiance".

    Cette phrase a déterminé la politique occidentale vis-à-vis de la Russie pour plusieurs années, et les périodes de refroidissement (Tchétchénie, mise au pas des médias indépendants, Ioukos) n'ont guère changé la donne. Non seulement les leaders occidentaux proclamaient la Russie leur partenaire stratégique, mais ils faisaient passer les bonnes relations avec celle-ci pour des acquis importants de leur politique extérieure.

    Dans un premier temps, Moscou leur rendait la monnaie de leur pièce. Avant le sommet historique du G8 de Kananaskis, en été 2002 (où la Russie est devenue membre à part entière du club des pays les plus industrialisés), Vladimir Poutine a fait une déclaration de principe: "Pour la première fois depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles, nous ne sommes pas en confrontation avec le monde entier, ni avec des pays isolés".

    Par la suite, la situation a changé. La politique du Kremlin a suscité une réaction de plus en plus négative auprès de l'opinion publique et des médias occidentaux. De son côté, Moscou reprochait aux leaders occidentaux une politique "erronée" à son égard. Les opposants aux leaders occidentaux en place ont commencé à brandir la "carte russe". Les milieux politiques qui ont lancé le partenariat avec la Russie de Vladimir Poutine ne cessent de s'effriter: Gerhard Schröder, Silvio Berlusconi et Jacques Chirac sont partis, et Tony Blair a annoncé son départ. Il ne reste que George W. Bush qui a ainsi préféré tirer le rideau sur une étape des relations russo-américaines qui touche à sa fin.

    Cette étape sera suivie d'une autre. Si on ne peut guère parler de guerre froide, le terme de rivalité apparaît opportun.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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