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    Ressources arctiques: partage en cercle très fermé (Kommersant)

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    MOSCOU, 30 mai - RIA Novosti. Une conférence réunissant Russie, Etats-Unis, Canada, Danemark et Norvège a pris fin hier au Groenland: les cinq puissances arctiques ont déclaré à l'issue de ce "nouveau Yalta" que le partage de l'Arctique n'impliquait pas la création d'un nouveau régime juridique, les normes du droit international étant suffisantes, rapporte vendredi le quotidien Kommersant.

    Cela signifie qu'elles ne sont parvenues à aucune entente, car chaque pays arctique interprète le droit de la mer à sa manière. Néanmoins, elles ont fermement décidé de n'admettre aucun autre pays dans ce partage.

    On ne sait pas encore quelles ressources arctiques ont tenté de se partager les ministres qui ont participé à cette réunion. Les médias du monde ont fait savoir tout au long de cette année, en se fondant sur les données du Service géologique des Etats-Unis, que l'Océan Glacial Arctique recelait environ 25% des réserves mondiales d'hydrocarbures.

    "Les évaluations actuelles des réserves de pétrole et de gaz de l'Océan Glacial Arctique relèvent de la fiction, affirme Mikhaïl Kroutikhine, partenaire et analyste de l'agence Rusenergy. Seul le bassin des mers de Barents et de Kara a été plus ou moins étudié au moyen de relevés sismiques, mais aucun forage n'a encore été effectué en ce qui concerne la grande majorité des secteurs découverts. Le reste n'est qu'hypothèses".

    Selon les données du ministère russe des Ressources naturelles, dans les eaux russes (c'est-à-dire dans les mers de Barents, de Petchora, de Kara, de Sibérie orientale, des Tchouktches et des Laptev), les réserves de pétrole sont évaluées à 418 millions de tonnes et les ressources non prouvées, à 9,24 milliards. Les chiffres concernant le gaz sont, respectivement, de 7.700 et 88.300 milliards de mètres cubes. De l'avis de M. Kroutikhine, il faut probablement se fonder sur ces données.

    Un autre problème se pose également: selon les estimations des spécialistes, notamment de chez Rosneft, d'ici 2030, il faudra dépenser 12.700 milliards de roubles (345 milliards d'euros) pour effectuer la prospection et prouver l'existence des ressources, et encore 39,8 milliards de roubles (un peu plus d'un milliard d'euros) pour effectuer leur mise en valeur. "Ces sommes ne sont prévues dans aucun budget. Bien plus, il faut reconnaître que Gazprom et Rosneft n'ont ni l'expérience, ni les technologies nécessaires pour travailler dans les conditions du plateau continental arctique", affirme Mikhaïl Kroutikhine.

    Il rappelle également que le prix de revient de l'extraction de mille mètres cubes de gaz à Iamal évalué par Gazprom est de 91 dollars, contre 7 à 10 dollars dans les immenses vieux gisements que le consortium a hérités de l'Union soviétique. "Mais ces chiffres peuvent doubler, voire tripler sur le plateau arctique. Par conséquent, l'extraction ne sera rentable qu'à la condition d'une hausse des prix des ressources énergétiques jusqu'à un point qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui", résume l'expert.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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