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    La Russie a-t-elle besoin d'un nouvel accord avec l'UE? (Vremia novosteï)

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    MOSCOU, 27 juin - RIA Novosti. Le sommet Russie-UE qui s'est ouvert hier à Khanty-Mansiïsk est la première rencontre au sommet depuis un an et demi dont ont peut attendre un résultat politique de grande portée, lit-on vendredi dans le quotidien Vremia novosteï.

    Après 18 mois d'attente pénible des deux parties, les leaders de la Russie et de l'Union européenne annonceront le lancement des négociations sur un nouvel accord stratégique. Un seul point reste peu clair: la Russie a-t-elle besoin de cet accord?

    Au cours des dix-huit derniers mois, de nombreuses voix se sont élevées, à Moscou comme à Bruxelles, pour déclarer que l'accord était nécessaire et le retard dans son élaboration nuisible pour les rapports bilatéraux. Des efforts particuliers ont été déployés en ce sens par les hommes politiques et les médias européens, qui ont sans cesse répété à l'opinion publique que la Russie avait besoin de ce nouvel accord et qu'elle souffrait de son absence, renforçant par là même l'appétit des partenaires polonais et lituaniens. Ces derniers estimaient très sérieusement que leur veto sur le mandat de la Commission européenne était un puissant coup porté aux intérêts russes.

    Mais, à présent, on ne peut que remercier Varsovie et Vilnius pour les efforts qu'ils ont déployés. Ce retard de 18 mois dans le lancement des négociations a permis à Moscou de réussir ce qui semblait incroyable il n'y a pas si longtemps encore. Si l'on en croit les déclarations officielles, la Russie a formé, pour la première fois, sa propre vision du format et du contenu du nouvel accord. C'est là un grand progrès par rapport à la tradition établie dans les années 1990 qui consistait simplement à suivre les propositions de Bruxelles. Mais c'est aussi une surprise désagréable pour certains partenaires européens de Moscou.

    Tant que la Russie se développe économiquement et politiquement, quelles qu'en soient les raisons, n'importe quel accord avec l'UE lui est désavantageux. Quant à l'Europe, elle traverse une période de récession. Malgré le renforcement de la monnaie unique européenne et, peut-être, à cause de ce renforcement, la place des pays de l'UE dans l'économie mondiale se réduit. L'Europe pâtit d'un reflux d'investissements qui fuient vers les marchés plus ouverts et dynamiques de la Chine, de l'Inde et des Etats-Unis. Les rapports entre l'UE et son principal partenaire militaire et politique, les Etats-Unis, subissent par conséquent quelques poussées de fièvre. La perspective très probable de l'invitation de l'Ukraine et de la Géorgie à adhérer à l'OTAN pourrait saper sérieusement les rapports entre la Russie et l'Occident. Mais l'Europe n'y a pas intérêt, car la Russie est, pour elle, un marché d'écoulement potentiel pour ses produits, comme une source fiable de ressources énergétiques.

    C'est pourquoi le nouvel accord est nécessaire en premier lieu à l'Union européenne. La Russie n'a aucune raison d'accélérer son élaboration et sa signature. A supposer, bien sûr, qu'elle n'ait pas atteint l'apogée de son développement politique et économique, et qu'elle ne dégringolera pas dans les années qui viennent.

    Auteur: Timofeï Bordatchev, directeur du Centre d'études européennes du Haut collège d'économie.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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