Ecoutez Radio Sputnik
    International

    Russie et Occident irrationnels dans leur attitude face à Saakachvili (Vedomosti)

    International
    URL courte
    0 11
    MOSCOU, 18 août - RIA Novosti. La Russie qui souhaite la démission du président géorgien et l'Occident qui le défend agissent à l'encontre de leurs véritables intérêts, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

    Le paradoxe réside en ce que Moscou devrait en toute logique désirer que Mikhaïl Saakachvili reste à son poste le plus longtemps possible, et que l'Occident devrait lui chercher d'urgence un remplaçant.

    Il n'est pas difficile d'expliquer pourquoi il est devenu gênant pour l'Europe et les Etats-Unis. D'ailleurs, les médias européens ont déjà commencé à le faire: ainsi, la BBC a montré Mikhaïl Saakachvili dans son bureau en train de parler au téléphone tout en portant machinalement sa cravate à sa bouche (oubliant qu'il était devant les caméras). Les commentateurs y ont vu tout de suite des signes d'un trouble du comportement.

    Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reconnu que de grosses erreurs avaient été commises par les Géorgiens. Les hommes politiques européens et américains commencent à se poser des questions du genre: Mikhaïl Saakachvili est-il capable de raisonner sainement? Convient-il pour le poste qu'il occupe? A-t-il de l'intuition politique? Et enfin, peut-on lui faire confiance?

    Il est peu probable que les réponses à ces questions soient rassurantes pour le président géorgien. Si l'Occident insiste sur son maintien au pouvoir, il le fait plutôt pour contrarier Moscou, ainsi que par simple refus de reconnaître d'emblée ses erreurs.

    Mais le crédit de confiance occidental de Mikhaïl Saakachvili est plus petit que jamais. En politique, on préfère en général ne plus miser sur ceux qui ont perdu une fois. Pourquoi a-t-il perdu et pourquoi, au lieu d'un retour de l'Ossétie, a-t-il écopé de la destruction de son armée et de la ruine de l'économie de la Géorgie: cette question n'a pas d'importance. L'essentiel, c'est que les résultats sont contraires aux objectifs poursuivis. Cela est très avantageux pour Moscou qui a à présent l'initiative. Mais Moscou a-t-il besoin qu'un nouveau leader charismatique et sûr de lui, comme l'était Mikhaïl Saakachvili il y a cinq ans, arrive rapidement au pouvoir en Géorgie?

    Seulement s'il était question du choix idéal d'un électorat géorgien idéal. Mais, malgré son comportement qui semble tout à fait inadéquat, Mikhaïl Saakachvili traduit néanmoins l'une des aspirations de la population: le retour des territoires jadis perdus, et, pour l'instant, on ne constate aucun changement sur ce plan, pas plus que de possibilités pour la Russie d'installer en Géorgie un régime favorable à Moscou. Par exemple, une victoire électorale d'Irakli Okrouachvili, qui avait proposé dès 2006 d'attaquer Tskhinvali, ne réjouirait certainement pas Moscou.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

    Lire aussi:

    «S'allier avec les USA fut la plus grande erreur de la Géorgie»
    La vidéo du commando chargé d’expulser Saakachvili à Kiev publiée (vidéo)
    Accrochages à la frontière ukraino-polonaise pour la venue de Saakachvili
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik