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    Ukraine: l'Europe s'éloigne mais reste en vue (Kommersant)

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    MOSCOU, 17 septembre - RIA Novosti. Il est peu probable que les politiques ukrainiens qui ont fait une croix sur la coalition "orange" se soient souciés du développement tranquille et progressif du pays, lit-on mercredi dans le quotidien Kommersant.

    Le pays qui a le niveau d'inflation le plus élevé en Europe n'a évidemment pas besoin d'une nouvelle crise parlementaire. De plus, compte tenu de la tension qui augmente en Crimée, l'Ukraine ne peut se permettre aucune paralysie dans le domaine de la sécurité. "L'avenir européen", sans parler du Plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN, peut être considéré comme renvoyé aux calendes grecques, car l'Occident ne négocie pas sur ce genre de questions avec un pays sans gouvernement stable. Pourtant, l'Ukraine a eu objectivement une chance de se rapprocher de l'UE: après le conflit en Géorgie, les pays occidentaux ont en effet sérieusement examiné la possibilité d'envoyer à Kiev un signal fort.

    L'organisation de nouvelles élections, elle aussi, semble peu convaincante. La population est fatiguée de l'interminable succession des campagnes électorales, et il n'est pas certain qu'elle soutienne les partis principaux. Dans ces conditions, Notre Ukraine, la formation du président Iouchtchenko, pourrait disparaître de la scène politique, quant au Bloc Ioulia Timochenko et au Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, ils ne peuvent pas non plus être certains d'un succès étourdissant.

    Dans les années à venir, l'Ukraine connaîtra très probablement une sorte d'interrègne, où les vieux slogans et concepts sont déjà morts, où les anciens politiques manifestent une impuissance de plus en plus prononcée, et où les nouveaux visages et idées se font attendre. Des élections sans amendement de la Constitution n'ont pas beaucoup d'importance dans la situation actuelle, où la lutte se fait seulement pour le pouvoir, et non pour un programme de développement du pays. En outre, des élections visant à amender la Constitution, supprimer de facto le poste de président et installer un système bipartite qui scinderait le pays en deux seraient trop risquées.

    Il n'est cependant plus possible d'annuler les changements structurels qui se sont produits en Ukraine après la "révolution orange", ou à cause d'elle. Aucune "coalition pro-Kremlin", comme des observateurs malveillants ont surnommé l'alliance potentielle du BIT et du Parti des régions, ne consentira aujourd'hui à placer l'Ukraine dans une situation de subordination par rapport à la Russie, ce qui s'explique par plusieurs raisons. Premièrement, la transition entamée vers les prix mondiaux pour les hydrocarbures est irréversible, ce qui rend inutile toute expression de loyauté politique. Deuxièmement, c'est le verdict des urnes et non la référence à l'étranger qui s'est imposé comme le moyen universellement reconnu pour la résolution des conflits politiques, bien qu'il ne soit pas toujours efficace. Troisièmement, les simples Ukrainiens, tout comme les cercles dirigeants, envisagent en effet un "avenir européen", ce qui sera essentiel dans la formation de nouveaux leaders.

    Par Arkady Moshes, directeur du programme russe de l'Institut finlandais des relations internationales.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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