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    Essai nucléaire nord-coréen: acte lourd de conséquences - SYNTHESE

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    La Corée du Nord a procédé mardi à son troisième essai nucléaire, d'une puissance bien supérieure aux deux précédents. Cette information a été officiellement confirmée par Pyongyang, qui a annoncé le succès des essais souterrains de son dispositif nucléaire compact.

    La Corée du Nord a procédé mardi à son troisième essai nucléaire, d'une puissance bien supérieure aux deux précédents. Cette information a été officiellement confirmée par Pyongyang, qui a annoncé le succès des essais souterrains de son dispositif nucléaire compact.

    Selon Vladimir Evseïev, expert au centre de sécurité internationale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, ces essais nucléaires ont été lancés afin d'améliorer la situation dans le pays et de renforcer la position du chef de l'Etat, Kim Jong-un. L’expert ajoute que cet essai nucléaire et ses conséquences sont les signes avant-coureurs d'un nouveau cycle de la course aux armements. 

    "Les répercussions les plus graves attendent la Corée du Nord dans le domaine de la sécurité. Il faut d’abord réagir à son troisième essai nucléaire. Une nouvelle résolution sera certainement adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies et son adoption sera soutenue par la Chine et la Russie. Cette résolution ne sera pourtant pas catastrophique pour la Corée du Nord", remarque Vladimir Evseïev.

    Selon lui la Chine, principal soutien financier de la Corée du Nord, pourrait réduire l'aide accordée à Pyongyang. A son tour, la Russie continuera à apporter une aide humanitaire à la Corée du Nord mais son niveau restera faible. Par ailleurs, selon Evseïev, la Russie pourrait suspendre les projets communs comme les projets de transport de fret par voie ferrée et la livraison de gaz naturel et d'électricité.

    L'expert souligne également que c’est la Chine qui subira le plus grand préjudice suite aux essais nord-coréens car elle sera forcée d'accroître son potentiel en termes de défense antimissile afin de réagir à la création forcée du bouclier antimissile (ABM) américain.

    "En présence d'un potentiel limité de la Chine et compte tenu de la mise en place de l'ABM par les Etats-Unis et leurs alliés, elle sera forcée de réagir en augmentant le nombre de ses missiles intercontinentaux, ce qui nécessitera des ressources financières", note l'expert.

    Selon lui, la Russie doit également prendre certaines mesures, en se penchant par exemple sur le déploiement du radar Voronej-M dans la région d'Amour et du système de défense antiaérienne S-400 en Primorié.

    Concernant les conséquences des essais nucléaires nord-coréens pour le Japon, M.Evseïev remarque que ce pays est également susceptible de renforcer son potentiel en matière d'ABM.
    Tokyo étudiera la possibilité d'envoyer des patrouilleurs navals équipés du système antimissile Aegis près des côtes nord-coréennes. Un renforcement du système ABM est également attendu en Corée du Sud.

    Konstantin Asmolov, du centre d'études coréennes à l'Institut d'Extrême-Orient, estime que les essais nucléaires ne seront pas suivis d'une opération militaire internationale contre Pyongyang.

    "Une opération militaire – pourquoi ? Le Nord parle d'une puissante riposte aux provocations.

    Le Sud et l'Amérique soulignent qu'ils n’attaqueraient que s'ils découvraient que le Nord avait l'intention d'attaquer le Sud. A ce que je sache, il n'y a pas de plans de ce genre, conscients ou inconscients", déclare l'expert. Selon lui, les nouveaux essais nucléaires en Corée du Nord provoqueront cette fois une réaction plus rigide de Pékin et de Moscou car après l'annonce par Pyongyang de la possibilité de procéder à un nouvel essai nucléaire, la Russie et la Chine menaçaient la Corée du Nord "non plus avec le doigt mais avec le poing".

    "La Corée du Nord est au pied du mur, son arsenal militaire lui permettant de parer une attaque est très limité. De plus, les autorités n'ont pas l'initiative stratégique, d'où leur réaction réactive et non proactive : on les frappe avec un bâton, ils montrent les dents et tentent de se jeter sur la cage. Il faudra attendre encore un peu pour que la situation devienne plus claire", analyse Asmolov.

    A son tour, Alexandre Salitski, de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, est persuadé que même après les essais nucléaires nord-coréens la Chine ne cesserait pas de soutenir Pyongyang.

    "Malheureusement ou heureusement, il existe un accord d'amitié et de coopération avec des engagements d'aide mutuelle. Il est évident que la Chine n’y renoncera pas directement", a-t-il déclaré.

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