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    Les USA connaissent mal les conflits dans lesquels ils s'ingèrent (experts)

    Andrea Izzotti
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    Les autorités américaines manquent d'informations sur les conflits dans lesquels ils s'ingèrent, ont témoigné les experts américains lors d'une vidéoconférence Moscou-Washington à RIA Novosti.

    Les autorités américaines manquent d'informations sur les conflits dans lesquels ils s'ingèrent, ont témoigné les experts américains lors d'une vidéoconférence Moscou-Washington à RIA Novosti.

    Sauf rares exceptions, les congressistes puisent leurs informations dans la presse qui présente les longs conflits complexes en noir et blanc.

    "Il faut être réaliste quand on parle de désescalade de la crise ukrainienne. C'est une erreur de penser qu'il existe une quelconque rationalité dans la politique étrangère des USA. Il m'est pénible de le dire, mais les États-Unis ressemblent à un ivrogne en vadrouille depuis dix ans. Tout ce qu'ils touchent se brise. La deuxième plus grande ville irakienne, Mossoul, a été prise par Al-Qaïda. Ce n'est qu'un exemple. Nous savons à quoi ressemble la Libye. Nous savons ce qu'il est advenu de la Syrie. Malheureusement, les interventionnistes au pouvoir à Washington interprètent constamment leurs échecs comme des succès grandioses", a déclaré
    Daniel McAdams, directeur exécutif de l'Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité.

    D'après lui les principaux médias américains, qui soutiennent unanimement le gouvernement, font éclater des conflits puis contribuent à passer sous silence ce qui se produit dans ces régions après l'intervention militaire.

    "Les principaux médias américains traitaient bien mieux l'Union soviétique dans les années 1980 qu'ils ne le font aujourd'hui vis-à-vis de la Russie libre et démocratique. Nous avons donc un déficit crucial d'informations. Les Russes doivent savoir que les membres du congrès, sauf rares exceptions, reçoivent toutes leurs informations sous forme filtrée de la part de leurs conseillers, qui lisent uniquement le Washington Post et le New York Times – deux journaux ayant toujours la même vision de la Russie. On ne peut pas entamer de dialogue si nous sommes incapables d'obtenir les informations dans leur intégralité", a souligné l'expert.

    Patrick Basham, directeur du Democracy Institute, estime pour sa part que les principaux médias américains séparent en bons et mauvais les belligérants dans les conflits qui concernent les intérêts des Etats-Unis.

    "Au final, les violations de l'un des camps ne sont pas diffusées dans les reportages ou n'y tiennent pas une place significative, alors que les violations de l'autre camp sont à la une. Qu'il s'agisse de l'Ukraine ou de la Syrie, c'est toujours noir et blanc, les bons contre les mauvais. Et en fin de compte les politiciens américains sont sous le choc lorsqu'il s'avère que les mauvais ont effectivement des choses à dire, tandis que les bons ont commis des atrocités et étaient hostiles envers les pays tels que les USA. Je pense que les rebelles syriens en sont un parfait exemple", a déclaré Patrick Basham.

    Selon lui, les autorités américaines doivent prendre conscience du fait qu'en Ukraine, la naissance de la crise, son déroulement et son avenir ne doivent pas être présentés en noir et blanc.

    "Nous pourrions en tirer certaines leçons douloureuses. Comme il a déjà été dit, ceux qui font la politique étrangère américaine n'en ont tiré aucune au cours de cette dernière décennie. Mais je reste prudemment optimiste: même dans le cas de l'Ukraine, ces leçons pourraient être acquises", a déclaré l'expert.

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