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    Poutine renonce à envoyer l'armée en Ukraine: un geste de bonne volonté (experts)

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    Situation explosive dans l'est de l'Ukraine (1212)
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    Vladimir Poutine a prié le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) d'abroger le décret l'autorisant à employer les forces armées russes en Ukraine. Les experts y voient un geste de bonne volonté en soutien au dialogue qui vient de commencer dans le pays.

    Vladimir Poutine a prié le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) d'abroger le décret l'autorisant à employer les forces armées russes en Ukraine. Les experts y voient un geste de bonne volonté en soutien au dialogue qui vient de commencer dans le pays.

     

    Mardi, avant de se rendre en visite officielle à Vienne, le chef de l'État a suggéré à la présidente du Conseil de la Fédération, Valentina Matvienko, d'annuler son décret sur l'emploi des forces armées russes en Ukraine, a annoncé le porte-parole du président Dmitri Peskov.

    Un symbole d'engagement pour la paix

    Selon Fedor Loukianov, président du Conseil pour la politique étrangère et de défense, la Russie illustre ainsi sa bonne volonté et montre qu'il n'existe aucun besoin de mesures militaires à l'heure actuelle.

    "En soi, l'autorisation d'utiliser des forces armées était de toute évidence symbolique. Son annulation l'est tout autant: la Russie montre son engagement en faveur de la paix et croit possible d'y parvenir", a-t-il déclaré à RIA Novosti.

    "Les négociations d'hier à Donetsk sont effectivement un processus politique sérieux et bien préparé. Il existe déjà une base de compréhension mutuelle. Les parties souhaitent trouver un terrain d'entente sans se mener mutuellement en bateau, comme ce fut le cas auparavant", pense l'expert.

    Il a également souligné que l'ex-président ukrainien Leonid Koutchma et l'ex-chef de l'administration présidentielle Viktor Medvedtchouk avaient participé aux consultations, ainsi que le premier ministre de la République populaire de Donetsk (RPD) Alexandre Borodaï - sachant que jusqu'à présent Kiev qualifiait les représentants de la RPD de "terroristes".

    "Tout cela marque le début d'un véritable dialogue avec le sud-est", estime Fedor Loukianov.

    Moscou attend un signe de paix en retour

    Vladimir Jarikhine, directeur adjoint de l'Institut des pays de la CEI, est du même avis.

    "C'est un nouveau pas en avant qui montre que la Russie souhaite réellement une normalisation de la situation en Ukraine, et qu'elle est prête à faire un geste de bonne volonté pour un meilleur déroulement des négociations qui viennent de démarrer entre les parties en conflit", a-t-il souligné dans une interview à RIA Novosti.

    Par ailleurs, il pense que désormais la Russie attend en retour un signe de paix de la part de Kiev.

    "C'est un compromis. La Russie fait ce geste pacifique et attend un geste en retour de la part de l'Ukraine. C'est un élément des négociations politiques où l'une des parties fait un pas en avant ou en arrière, mais un pas tout de même. Et elle attend le même geste de l'autre partie", a indiqué Vladimir Jarikhine.

    Une déception envisageable pour l'est de l'Ukraine

    A son tour, le président du Centre d'analyse systémique et de pronostic Rostislav Ichtchenko pense que cette décision de la Russie "pourrait avoir un poids moral".

    "Cela pourrait décevoir une partie de la population du sud-est et des forces d'autodéfense mais du point de vue matériel, technique et militaire cela ne change rien", a-t-il déclaré pour RIA Novosti.

     

    "En principe, en cas d'agression extérieure contre la Russie le président, chef suprême des armées, a le droit d'y réagir sans l'aval du Conseil de la Fédération. Et étant donné que les militaires ukrainiens ont déjà violé la frontière russe à plusieurs reprises, on peut toujours trouver un prétexte pour envoyer l'armée", a souligné Rostislav Ichtchenko.

    Dossier:
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