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    Sanctions/ Russie: impossible d'influer sur Pékin, Séoul ou Singapour (experts)

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    Riposte russe aux sanctions de l’Occident (184)
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    Les Etats-Unis n'arriveront pas à convaincre les pays asiatiques, notamment la Chine, la Corée du Sud et Singapour, de se joindre aux sanctions antirusse: c'est "impossible et sans perspective", estiment les experts interrogés vendredi par RIA Novosti.

    Les Etats-Unis n'arriveront pas à convaincre les pays asiatiques, notamment la Chine, la Corée du Sud et Singapour, de se joindre aux sanctions antirusse: c'est "impossible et sans perspective", estiment les experts interrogés vendredi par RIA Novosti.

    Plus tôt, le porte-parole du département d'Etat américain Daniel Fried avait déclaré dans une interview accordée à l'édition lituanienne Alfa.lt que les USA étaient en consultation avec la Corée du Sud, Singapour et la Chine concernant les sanctions contre la Russie.

    Aucune chance avec la Chine

    Le rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs et président du Conseil russe pour la politique étrangère et de défense, Fedor Loukianov, est convaincu qu'il est "impossible" de réussir à faire pression sur la Chine. Et il ne s'agit pas que d'une attitude loyale et positive de la Chine envers la Russie, ou du niveau de compréhension de sa position dans le conflit ukrainien.

    Le fait est que Pékin ne fait jamais quoi que ce soit sous la pression d'autres pays, qui plus est des USA, selon l'expert. "Cette conversation avec la Chine n'implique certainement pas une simple pression mais des propositions concrètes. Honnêtement, j'ai quand même du mal à imaginer ce que les Américains pourraient proposer à la Chine pour qu'elle accepte de revoir sa politique étrangère", souligne Fedor Loukianov.

    Andreï Volodine, directeur du Centre d'études orientales à l'Académie diplomatique auprès du ministère russe des Affaires étrangères, remarque un "système très complexe d'interactions entre la Chine et les USA". "C'est pourquoi faire pression sur la Chine, qui plus est quand l'Amérique tente d'encercler la Chine par un groupe de pays hostiles, me semble irréaliste. Je pense qu'Obama n'arrivera pas à grand-chose ici", estime l'expert.

    Aucune chance avec Séoul et Singapour non plus

    La situation avec la Corée du Sud est différente, souligne Loukianov: Séoul est un allié de Washington, qui dispose ainsi de nombreux leviers de pression. L'expert pense que dans ces conditions la Corée du Sud adoptera un "comportement très souple, c'est-à-dire exprimera sa compréhension de la position américaine, promettra d'agir, rejoindra verbalement la critique, mais évitera toute action qui pourrait se refléter sur les relations réelles".

    Selon Andreï Volodine, la Corée du Sud s'oppose formellement aux sanctions car elle n'a aucune intention de perdre le marché russe, surtout au moement où il y existe des opportunités d'élargir ses positions. "La Corée du Sud est un pays orienté sur les marchés extérieurs, et pas uniquement américain. Comme la Chine, la Corée du Sud procède à la diversification de son activité économique extérieure", a déclaré l'expert.

    Quant à Singapour, un Etat relativement autonome dans sa politique étrangère et son activité économique extérieure, les USA n'ont pratiquement aucune chance de parvenir à quoi que ce soit. "Singapour pourrait se limiter aux déclarations ostentatoires de soutien moral, mais je ne pense pas que les échanges commerciaux seront réduits car leur réduction, dans le contexte du ralentissement de la croissance économique, signifierait une réduction des emplois, comme c'est actuellement le cas en Allemagne, en Italie et en France", a déclaré Volodine.

    De cette manière, conclut l'expert, les Etats-Unis n'arriveront pas à persuader la Chine, la Corée du Sud et Singapour de se joindre aux sanctions contre la Russie. "C'est impossible, parce que les sanctions occidentales ouvrent de nouveaux marchés à ces pays. Deuxièmement, Obama a connu une série de défaites conséquentes sur l'arène internationale, ce qui sape l'influence des USA. Troisièmement, les relations entre les USA et la Chine, entre les USA et d'autres pays se construisent sur l'interdépendance et l'intérêt mutuel", a déclaré l'expert.

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