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    Consultation en Catalogne: Madrid sous pression (experts)

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    Le vote symbolique sur l'indépendance de la Catalogne prouve que les sentiments séparatistes sont toujours d'actualité en Europe. Ses résultats ont mis le gouvernement de Mariano Rajoy dans une situation difficile, estiment les experts interrogés par RIA Novosti.

    Le vote symbolique sur l'indépendance de la Catalogne prouve que les sentiments séparatistes sont toujours d'actualité en Europe. Ses résultats ont mis le gouvernement de Mariano Rajoy dans une situation difficile, estiment les experts interrogés par RIA Novosti.

    Ce scrutin "à blanc" sur l'indépendance de la région s'est déroulé en Catalogne dimanche dernier. Deux questions figuraient sur les bulletins de vote: "Voulez-vous que la Catalogne soit un État?" et "Si oui, souhaitez-vous qu'il soit indépendant?". Plus de 2,25 millions de Catalans se sont prononcés sur les 5,4 millions d'habitants de la région en âge de voter.

    Après dépouillement de 96,8% des bulletins, plus de 80% des votants avaient répondu "oui" aux deux questions et 10,09% "oui" à la première et "non" à la seconde. Seulement 4,5% ont répondu "non" aux deux questions.

    "Bien évidemment, ce vote a une importance politique significative. Il aura un impact sur l'évolution des sentiments séparatistes en Europe parce qu'il a mis en évidence le fait que les partisans de l'indépendance avaient un grand potentiel. Cela crée une situation dangereuse au sein de la société espagnole. Le pouvoir central doit dialoguer avec le gouvernement catalan, qui vient de renforcer ses positions", pense Sergueï Khenkine, professeur à l'Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Il ajoute que la volonté des Catalans d'organiser un référendum réel sur l'indépendance pourrait "aggraver davantage la situation politique dans le pays".

    "Par ailleurs, selon Vladimir Chveïtser de l'Institut de l'Europe affilié à l'Académie des sciences de Russie, compte tenu du taux de participation près de 60% de Catalans n'ont pas voté. Pour cette raison, il ne serait pas tout à fait correct de dire que les Catalans se sont prononcés en faveur de l'indépendance". Cependant, il pense qu'il n'est pas juste de ne pas tenir compte des résultats de ce sondage "illégitime" et rejeté par Madrid.

    L'expert prédit que le gouvernement du pays tentera de trouver une solution en amendant quelques articles de la Constitution pour que "l'Espagne passe progressivement d'un État centralisé vers un État fédéral avec un élargissement des droits de certains sujets de la fédération".

    La question de la fédéralisation n'est pas d'actualité qu'en Espagne. Vladimir Chveïtser rappelle l'exemple de la région de Vénétie en Italie, qui a organisé en mars un référendum en ligne sur l'indépendance, ou encore le Groenland qui fait partie du Danemark et voudrait plus d'indépendance, notamment concernant les droits sur l'exploitation de l'uranium.

    Cependant, d'après le politologue, en posant la question de l'indépendance "tous les séparatistes veulent en fait renforcer leur propre poids politique et personne ne souhaite en réalité une séparation des États". Ainsi, les nouveaux gouvernements de Belgique et d'Italie, où sont représentés tous les partis et les régions, satisfont en grande partie les volontés des partisans de l'indépendance.

    "La crise économique n'a pas conduit à la division mais à la cohésion. La Troïka (les créanciers internationaux), qui a commencé à sortir du fossé de la dette le Portugal, l'Irlande et la Grèce, a obtenu de grands résultats. L'Europe unie existe et fonctionne, et personne ne veut la faire éclater", conclut-il.

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