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    BPC de classe Mistral à Saint-Nazaire

    La Russie pourrait construire des Mistral seule

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    Résiliation du contrat Mistral (128)
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    Face au refus de la France de livrer les Mistral commandés par la Russie, le Consortium russe de constructions navales (OSC) affirme être en mesure de construire seul des navires de cette classe.

    Le Consortium unifié de construction navale (OSK) est prêt à fournir des navires similaires au Mistral si le ministère de la Défense lui passe une commande, a annoncé mardi le président du Consortium, Alexeï Rakhmanov, sur les ondes de la radio Echo de Moscou.

    "Bien entendu, nous pouvons les construire. Cela n'a rien de très compliqué", a déclaré M. Rakhmanov.

    Cependant, "pour le faire, il faut une commande et une position politique bien formulées", a ajouté le président d'OSK.

    Selon lui, les chantiers navals Baltiïski Zavod sont parfaitement en mesure de réaliser une commande de ce genre.

    La France refuse de livrer à la Russie le premier des deux bâtiments de classe Mistral — le Vladivostok — commandé en 2011. Les autorités françaises motivent leur décision par la position de Moscou sur la crise en Ukraine. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a même déclaré en décembre: "On pourrait ne jamais livrer. Il faut que les Russes se rendent compte de cette situation".

    Entre-temps, le gel de la livraison du Vladivostok pose beaucoup de problèmes à la France, notamment au groupe DCNS, maître d'œuvre du programme.

    Selon le magazine en ligne Mer et Marine, le gardiennage, la maintenance, la location d'un quai reviennent à 2,5 millions d'euros par mois.

    "Mais le premier BPC russe est également encombrant au premier sens du terme puisqu'il occupe un quai du bassin de Saint-Nazaire. Une place qui devait initialement servir à l'achèvement à flot du navire de croisière fluvial Loire Princesse. En charge de sa réalisation, les entreprises du groupement Neopolia ont été contraintes de se replier vers un autre quai, près des formes de radoub. Une zone bien moins adaptée et qui est loin de constituer une solution idéale alors qu'après la livraison du Loire Princesse, fin mars, plusieurs autres bateaux fluviaux doivent être réalisés", rapporte le magazine.

    Selon Anatoli Issaїkine, directeur général de l'agence fédérale russe d'exportation d'armements Rosoboronexport, la Russie prendra une décision finale sur les porte-hélicoptères français Mistral d'ici fin avril. Moscou menace de traduire Paris devant une cour arbitrale.

    D'après Mer et Marine, deux scénarios se présentent si la France refuse d'honorer le contrat dont 80% sont déjà payés. Selon le "plan A", Paris pourrait revendre les navires à un pays qui ne fait pas partie de l'Otan et pour lequel les "normes russes ne sont pas un problème".

    "Reste que la reprise des anciens BPC russes par un pays tiers ne serait diplomatiquement pas très aisé vis-à-vis de Moscou, tant pour la France que pour l'acheteur potentiel", estime le magazine.

    Selon le "plan B", si aucune solution n'est trouvée, "l'Etat, responsable de cette situation, serait sans doute prié de récupérer les bâtiments et d'en assumer la charge", conclut Mer et Marine.

    Dossier:
    Résiliation du contrat Mistral (128)

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    Mistral, Consortium russe de constructions navales (OSK), Alexeï Rakhmanov, France, Russie
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