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Le désir de diaboliser Vladimir Poutine empêche les médias américains de voir ce qui se passe réellement en Ukraine, estime un expert du centre analytique Stratfor.

Afin d'éviter une aggravation inutile des désaccords sur l'Ukraine, il serait bon de mieux connaître le passé et le présent de ce pays, estime Jay Ogilvy, expert du centre analytique américain Stratfor.  

Selon lui, les médias américains commettent une erreur en présentant l'Ukraine comme un pays typique d'Europe de l'Est. Cette façon de voir les choses est profondément erronée, car en Ukraine, la population n'est pas unie par la même langue et la même culture comme c'est le cas dans d'autres pays de la région, notamment en Pologne ou en Roumanie, affirme l'analyste.  

"La thèse qui prédomine aux Etats-Unis concernant l'Ukraine consiste à présenter cette dernière comme un énième pays d'Europe de l'Est désireux de s'affranchir de sept décennies d'oppression soviétique. Cette thèse est profondément erronée (…) L'Ukraine se distingue de la plupart de ses voisins. Il s'agit d'un pays divisé sur le plan culturel et politique, pays dont les régions orientales sont étroitement liées à la Russie", souligne M. Ogilvy.  

Il en donne pour preuve les résultats des élections présidentielles enregistrés dans différentes régions de l'Ukraine en 2004, en 2010 et en 2014 et les compare avec la répartition des langues sur le territoire du pays. 

L'ouest de l'Ukraine a invariablement voté pour les candidats pro-occidentaux: Viktor Iouchtchenko en 2004, Ioulia Timochenko en 2010 et Piotr Porochenko en 2014. Par contre, l'est a massivement soutenu en 2004 et 2010 le candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch. Lors de l'élection présidentielle de 2014, Piotr Porochenko a recueilli dans ces régions moins de 50% des suffrages. 

Ces éléments coïncident avec la répartition des langues en Ukraine, souligne l'analyste. Dans les régions orientales où les candidats pro-occidentaux ne sont pas populaires, les russophones constituent plus de 11% de la population. Dans les régions de Lougansk et de Donetsk, leur part dépasse 66%. 

Cependant, ces réalités géopolitiques importantes sont éclipsées par la tendance des médias américains à "diaboliser Poutine", souligne Jay Ogilvy. 

"Depuis la période qui a précédé les Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, ils ne cessent d'attaquer Vladimir Poutine. Pour les Américains, Poutine est une cible facile", conclut l'analyste.

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Tags:
Stratfor, Petro Porochenko, Viktor Ianoukovitch, Ioulia Tymochenko, Viktor Iouchtchenko, Jay Ogilvy, Vladimir Poutine, Pologne, Russie, Ukraine, États-Unis
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