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    Dominique de Villepin, premier ministre français de 2005 à 2007

    De Villepin: le FMI "emprisonné par des outils d’un autre temps"

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    De nombreux pays s’empressent de rejoindre la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB), alors que le Fonds monétaire international (FMI) est paralysé par des règles inadéquates, selon un ex-premier ministre français.

    Les institutions financières internationales, notamment le FMI, sont paralysées par des règles inadéquates, et la création de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB) est en mesure de résoudre ce problème, a estimé l'ancien premier ministre français Dominique de Villepin.

    "La participation de plus d'une cinquantaine de pays, dont les principales économies européennes que sont la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, à la fondation de l'AIIB témoigne de leur volonté d'investir dans le nouveau projet et de participer à la prise de décisions stratégiques communes", a déclaré vendredi M.de Villepin lors de la conférence internationale "Création de l'Eurasie: Voie économique de la Route de la soie" qui se déroule à Astana, capitale du Kazakhstan.

    Et d'ajouter que les institutions financières internationales, notamment le FMI, étaient paralysées par des règles inadéquates ou, peut-être, par un trop grand nombre de pays participants.

    "Il importe à présent de trouver une nouvelle issue à la situation", a souligné l'ancien chef du gouvernement français.

    Selon ce dernier, le Fonds de la Route de la Soie et l'AIIB offrent des opportunités afin de mettre en place de nouvelles formes de coopération multilatérale, reposant sur des projets concrets.

    "Dans un monde financier volatil et instable, il est urgent de prendre en main les projets de long terme, à travers de nouveaux outils multilatéraux", avait souligné autrefois M.de Villepin au sujet de la fondation de l'AIIB.

    Bien qu’officiellement l'AIIB ne cherche qu’à compléter les institutions multilatérales existantes, cette nouvelle banque, qui deviendra opérationnelle à la fin de l’année 2015, a été mise sur pied par Pékin pour faire contrepoids à la Banque mondiale, historiquement sous contrôle des Etats-Unis et à la Banque asiatique de développement (BAD), présidée par un Japonais depuis sa fondation.

    Washington a été pris au dépourvu par la décision historique annoncée mi-mars dernier par la France, l’Allemagne et l’Italie, et le Royaume-Uni d’adhérer en tant que membres fondateurs à l'AIIB. 

    Face à l’afflux de pays qui se bousculent pour rejoindre l'AIIB, le secrétaire au Trésor américain Jacob Lew a mis en garde la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI), qui risquent de perdre leur crédibilité. Quoi qu'il en soit, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a déclaré que ces institutions financières étaient ouvertes à la coopération avec l'AIIB.

    L'AIIB est une institution financière internationale initiée par la Chine, qui vise à soutenir les projets d'infrastructures en Asie. Elle sera officiellement mise en place à la fin de cette année. Le siège de l’établissement sera sis à Pékin.

    Les capitaux autorisés de l'AIIB s'élèveront à 100 milliards de dollars et le montant des capitaux souscrits devra atteindre près de 50 milliards de dollars. Le taux de souscription sera de 20%. Les membres fondateurs ont convenu de fixer le PIB comme un paramètre essentiel pour déterminer la répartition des quotas entre les pays membres.

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    Tags:
    AIIB, Fonds monétaire international (FMI), Dominique de Villepin
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