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    Shell prépare son retour en Arctique

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    Les autorités américaines ont autorisé Shell à revenir sur le plateau arctique des USA, d'où la compagnie avait été expulsée en 2013 après que ses deux plateformes s'y sont échouées.

    Le retour de Shell sur les projets de plateau pourrait assurer l'arrivée sur le marché mondial de 0,4 million de barils supplémentaires par jour, alors même que le marché est déjà surchargé. Cependant, les experts sont persuadés qu'au vu des tarifs actuels, Shell ne s'empressera pas de relancer l'exploitation en Arctique.

    L'administration du président américain Barack Obama a délivré lundi à Shell une autorisation préliminaire aux travaux de forage sur le plateau arctique, rapporte un communiqué d'Abigail Ross Hopper, directrice du bureau du management de l'énergie océanique au département de l'Intérieur. Il est prévu que la filiale de Shell, la société Shell Gulf of Mexico, puisse dès cet été commencer à forer dans les mers de Beaufort et de Tchoukotka (entre Alaska et le Tchoukotka).

    Il est question d'installer deux plateformes de forage avec une capacité de production d'au moins 400 000 barils par jour, annonce le New York Times.

    "Nous avons minutieusement étudié les possibilités d'exploration dans la mer de Tchoukotka, tout en ayant conscience de l'importance des ressources écologiques, sociales et environnementales de la région et en respectant les hautes normes de protection de cet écosystème crucial de nos communautés arctiques, les nécessités vitales et les traditions culturelles des habitants autochtones de l'Alaska", note Abigail Ross Hopper.

    Shell a déjà travaillé sur le plateau arctique américain. La première plateforme de forage a été installée dans l'Alaska (îles Cook) en 1964, mais les résultats des forages s'étaient avérés insatisfaisants et en 1997, les travaux ont été stoppés. Shell reviendra en Alaska en 2012 avec l'autorisation d'élaborer des blocs Torpedo et Sivulliq dans la mer de Beaufort et un bloc Burger dans la mer de Tchoukotka. L'ex-patron de Shell Peter Vozer avait annoncé plus tôt que la compagnie avait investi presque 5 milliards de dollars dans les travaux en Alaska.

    Mais en 2013, après que deux plateformes pétrolières de Shell s'y sont échoué, les autorités américaines ont interdit à la compagnie de poursuivre les travaux avant le règlement des problèmes de sécurité.

    Royal Dutch Shell
    © AP Photo / Peter Dejong
    C'est pourquoi les environnementalistes s'opposent activement au retour de Shell en Arctique. Selon eux, bien que les profondeurs des mers de Tchoukotka et de Beaufort (environ 50 mètres) soient incomparables à celles du golfe du Mexique, où s'est produit l'un des plus importants accidents en 2010, le déversement de pétrole en Arctique pourrait avoir des conséquences au moins tout aussi catastrophiques.

    "L'approbation de notre plan actualisé de travaux d'exploration géologique en mer de Tchoukotka est une étape importante et indique que les organismes régulateurs y croient. Cependant, avant que nous puissions commencer les travaux cet été, il nous faut encore recevoir des autorisations", déclare Shell à Gazeta.ru. Avant leur obtention, la compagnie poursuivra les vérifications et la préparation de ses sous-traitants, des équipements et des plans d'action en situations d'urgence "pour qu'ils correspondent aux plus hauts standards et critères dont l'application peut être attendue par les parties intéressées et les régulateurs de l'opérateur en Arctique".

    A l'heure actuelle, il n'y a pratiquement pas de travaux en cours sur le plateau arctique, à l'exception du gisement de Prudhoe Bay en Alaska. Mais il ne déborde que partiellement sur le plateau. Après les incidents avec les plateformes de Shell, les autorités américaines ont établi de nouvelles normes de sécurité pour les projets sur le plateau arctique.

    En particulier, les nouvelles règles forcent les compagnies énergétiques à disposer d'équipements empêchant les émissions incontrôlées des puits. De plus, les compagnies devront pouvoir assurer un accès rapide aux boutons de coupure d'urgence et aux capsules de sécurité pendant le forage en mer de Tchoukotka et de Beaufort sur le plateau de l'Alaska. Les dépenses afférentes à l'introduction de ces normes s'élèveront à 1,2 milliard de dollars sur dix ans, selon les estimations du département de l'Intérieur.

    Un puits de forage de gaz de schiste du  géant pétrolier américain Chevron en Pologne
    © AFP 2019 JANEK SKARZYNSKI
    Selon les estimations du Service géologique des USA, les réserves du plateau de l'Alaska atteignent 20-21,5 milliards de barils de pétrole. Sachant que le marché pétrolier mondial est actuellement surchargé (la demande dépasse l'offre de 1-1,5 million de barils par jour), la production de 400 000 barils supplémentaires par jour pourrait avoir un impact significatif sur les tarifs.

    Le baril de Brent avoisinait mardi les 66 dollars. Le baril de pétrole texan léger WTI variait autour de 56 dollars. La baisse des cours a commencé en juillet 2014 quand le tarif moyen était d'environ 110 dollars.

    Nikolaï Ivanov, responsable du secteur des marchés énergétiques à l'Institut de l'énergie et des finances, déclare que dans un contexte de conjoncture tarifaire défavorable, il serait peu probable que Shell investisse prochainement beaucoup d'argent dans l'exploitation sur le plateau arctique.

    "C'est plutôt une tentative d'occuper un avant-poste pour l'avenir", estime l'expert.

    Ce dernier note toutefois que Shell fait aujourd'hui partie des leaders en termes de technologies de plateau (y compris écologiques), et pour ne pas perdre l'avantage technologique la compagnie s'efforce de s'y installer. Pas pour activement investir, mais plutôt pour développer les recherches scientifiques et technologiques.

    L'analyste de la banque Ouralsib Alexeï Kokine estime que l'exploitation sur le plateau arctique américain serait rentable avec un prix du baril à hauteur de 80 dollars.

    D'après l'expert, la sortie en Arctique est aujourd'hui pour Shell un premier pas, en attendant que les tarifs augmentent. Dans le même temps, Alexeï Kokine prédit à long terme un baril à 60 dollars. "Les tarifs actuels sont même légèrement élevés à cause des facteurs géopolitiques (les conflits au Yémen et en Libye)", explique l'analyste.

    Contenu réalisé à partir d'informations émanant de sources ouvertes

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    Tags:
    Royal Dutch Shell, pétrole, Abigail Ross Hopper, Arctique, États-Unis
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