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    Une espionne

    WikiLeaks: trois présidents français espionnés par les Etats-Unis

    © Sputnik . Philippe Put
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    Espionnage USA-France (16)
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    De 2006 à 2012, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont été régulièrement espionnés par l'Agence nationale de sécurité US (NSA), d'après des documents publiés mardi par Libération et Mediapart en collaboration avec WikiLeaks.

    Il s'agit de cinq rapports d'analyse provenant de la NSA, sous le titre Global SIGINT Highlights tirés du renseignement d'origine électromagnétique. Classées "Top Secret", ces interceptions de communications étaient destinées à des responsables de la NSA et des autres services de renseignement US. Seuls deux d'entre eux pouvaient être partagés au sein des dénommés "Five Eyes", alliance des services de renseignement américains, australiens, canadiens, néo-zélandais et britanniques.

    Libération cite notamment le document qui révèle comment Jacques Chirac a poussé son candidat pour le poste de sous-secrétaire général adjoint des Nations unies en 2006. Un autre mémo, qui date du 22 mai 2012, fait état de "réunions secrètes" organisées afin de discuter d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro.

    Pourtant, bien que le contenu des notes soit classé comme hautement confidentiel, il ne révèle pas de secrets d'Etat, indique le journal français. Dans le même temps, Libération publie un extrait d'une base de données de la NSA qui évoque plusieurs numéros de téléphone identifiés comme des "sélecteurs".

    Dans cette liste, le journal a pu identifier notamment les numéros de portable du président Nicolas Sarkozy et des secrétaires d'Etat aux Affaires européennes et au Commerce Jean-Pierre Jouyet et Pierre Lellouche, ainsi que des cibles plus larges, dont le standard du ministère des Finances et l'antenne à l'Elysée du Centre de transmissions gouvernemental, responsable de la permanence des liaisons gouvernementales, le "téléphone rouge".

    Selon Libération, la sélection de documents publiée "ne révèle qu’une partie des activités de la NSA en matière d’espionnage des dirigeants français". Pourtant, elle témoigne de l'ampleur de l'intérêt porté par les Etats-Unis au détail des communications de dirigeants de pays alliés, indique le journal.

    Mardi dans la soirée, l'Elysée a annoncé que François Hollande allait "réunir mercredi matin à 9 heures un Conseil de défense pour évaluer la nature des informations diffusées par la presse (…) et en tirer les conclusions utiles".

    La Maison Blanche a pour sa part démenti les informations révélées par Libération, Mediapart et WikiLeaks, mardi dans la nuit.

    "Nous ne visons pas et ne viserons pas les communications de François Hollande. Nous ne menons pas d'opérations de surveillance à l'étranger sauf s'il existe un objectif de sécurité nationale validé (…). Nous travaillons étroitement avec la France sur toutes les questions internationales importantes", a indiqué le porte-parole du Conseil de la sécurité nationale Ned Price. Pourtant, cette déclaration n'évoque pas l'espionnage présumé de MM Sarkozy et Chirac.

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    Tags:
    surveillance, écoutes téléphoniques, espionnage, renseignement, Elysée, WikiLeaks, Agence nationale de sécurité américaine (NSA), présidence américaine, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, France, États-Unis
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