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Situation économique en Ukraine (85)
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Bien que les leaders européens aient promis aux autorités de Kiev une amélioration de la situation économique, les principaux investisseurs retirent leurs actifs, et les conclusions préliminaires sur l'efficacité des démarches de l'Occident en Ukraine sont plutôt décevantes, écrit le journal New Europe.

Le trésor ukrainien se creuse de jour en jour, et les améliorations de l'économie, prédites par les leaders occidentaux, ne sont toujours pas visibles, affirme le journal New Europe.

Au printemps dernier, le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, essayait d'apaiser les craintes liées à l'effondrement économique imminent de l'Ukraine, en déclarant: "Vous continuez à réformer, nous continuons à supporter". Une telle approche a-t-elle porté ses fruits? Les faits sont contradictoires, mais les conclusions préliminaires ne donnent pas d'espoir, note le journal.

Le conflit militaire dans le Donbass coûte à l'Ukraine de 5 à 7 millions de dollars par jour, ce qui représente environ 5% du PIB annuel du pays. Malgré plusieurs paquets d'aide financière de la part des créanciers internationaux, mais en déduisant les paiements nécessaires liés aux prêts, le pays n'a touché qu'un milliard de dollars en 2014. Cependant, au cours des quatre prochaines années, l'Ukraine aura besoin de près de 40 milliards de dollars, dit l'article.

Les réformes engagées dans le cadre de la politique d'austérité, exigée de l'Ukraine par l'Occident, ont provoqué une explosion de l'inflation en Ukraine, qui devrait atteindre cette année 46%, et une baisse "inattendue" du PIB du pays de 9%. En juin, la dette publique de l'Ukraine a atteint 100% de son PIB, et les investisseurs ont commencé à retirer leurs actifs, laissant le pays sans argent étranger et sans possibilité de renforcer son économie. Les prix du gaz pour la population ont été multipliés par quatre depuis la suppression des subventions de l'État. Ainsi, certains citoyens ne sont pas en mesure de payer leurs factures, rappelle le journal.

L'avantage prévisionnel des mesures prises par Kiev reste latent. En même temps, les plus grandes entreprises énergétiques internationales — Chevron et Shell — refusent de travailler en Ukraine. Ces deux facteurs ont porté "un coup décisif" aux espoirs pour les investissements, alors que le pays essaie de trouver des partenaires étrangers et d'endiguer la fuite des capitaux, écrit New Europe.

En outre, la lutte contre les oligarques, menée par les autorités actuelles de Kiev, peut avoir des motifs politiques, ce qui pourrait également effrayer les investisseurs potentiels. Ils s'imaginent un pays où sont possibles l'aliénation agressive des biens et l'interférence excessive de la part de l'État, dit l'article.

Par ailleurs, l'approche de l'Occident, qui consiste à accuser la Russie de fomenter le conflit en Ukraine et à essayer de l'isoler, devrait être remise en cause. Les leaders occidentaux devraient travailler conjointement avec la Russie pour que l'Ukraine devienne un État économiquement fort et prospère, mais en même temps neutre sur le plan militaire, estime le journal.

"Dans l'intérêt de la mise en œuvre complète des accords de Minsk et de la restauration de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, l'Union européenne devrait collaborer avec Moscou et avec Kiev. Nous [l'Occident] n'avancerons pas beaucoup en isolant la Russie et en refusant de placer l'Ukraine face à ses responsabilités", écrit New Europe.

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