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    Sanctions: tel est pris qui croyait prendre

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    D'après un rapport de l'Institut autrichien de recherches économiques (WIFO), les sanctions russes couteront à l'Europe plus qu'elle ne l'imaginait: plus de 2 millions d’emplois et environ 100 milliards d’euros de richesses produites sont menacés en Europe.

    Ainsi, selon le rapport, avec le maintien des sanctions, l'Allemagne perdrait plus d'un pourcent de son PIB, l'Italie, 200.000 emplois et 0,9% de son PIB, pour la France ça serait 150.000 emplois et 0,5% de son PIB et les pertes provisoires de l'Estonie, économiquement la plus dépendante de la Russie, constitueraient 16% de sa production annuelle.

    «Notre hypothèse, à l'automne de l'année dernière, des pires baisses d'exportations est devenue réalité. Si la situation ne change pas radicalement, nous serons confrontés au scénario le plus pessimiste", a déclaré l'un des auteurs de l'enquête, Oliver Fritz.

    Le président américain Barack Obama a prolongé d'un an les sanctions imposées contre la Russie
    Le président américain Barack Obama a prolongé d'un an les sanctions imposées contre la Russie

    Les hypothèses et les conclusions des scientifiques du WIFO se distinguent de ceux du rapport secret de la Commission européenne diffusé seulement dans le milieu diplomatique. La Commission affirme que le contrecoup des sanctions sera "relativement insignifiant et facile à gérer". Pourtant, ce pronostic optimiste est fondé sur une entourloupe: les pronostics de la Commission ne sont que ceux de courte durée.

    Le scénario des économistes du WIFO est bâti sur l’hypothèse que les tendances négatives caractéristiques des premiers mois de l’année 2015 se poursuivront. Les spécialistes ont également pris en considération l'effet domino: dans les pays membres de l'UE, le taux de chômage ne fait que croître et la demande ne fait que baisser.

    Oliver Fritz commente les résultats du rapport: "les sanctions antirusses ne sont pas une décision économique mais politique. Les autorités européennes espèrent influer ainsi sur la politique de Vladimir Poutine. Les hommes politiques sont sous pression surtout aujourd'hui, quand ils assistent aux conséquences économiques de ce processus. Pourtant, il me semble que dans une perspective de court terme, les sanctions ne seront pas enlevées. C'est surtout la chancelière Angela Merkel qui est derrière cette décision, c'est ce que je pense. Et pour le moment, elle réussissait toujours à persuader les autres de suivre son chemin."

    M. Fritz suppose qu'avec des pertes économiques croissantes, la population va, à un moment ou à un autre, exprimer son mécontentement et cela pourrait faire changer d’avis les autorités. Il est pourtant convaincu que ça prendra du temps.

    Cependant, il a de mauvaises nouvelles à annoncer aux européens: les échanges commerciaux entre la Russie et l'Asie et surtout la Russie et la Chine ne cessent d'augmenter. Donc, même quand les sanctions seront levées, les liens forts entre la Russie et l'Asie resteront les mêmes et seront plus solides qu'avec l'Europe. Mais "l'exportation des produits asiatiques en Russie stimulera l'exportation des produits européens en Asie, ce qui pourrait compenser les pertes de l'UE".


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    Tags:
    pertes économiques, chômage, PIB, sanctions, Institut autrichien de recherches économiques (Wifo), Union européenne (UE), Oliver Fritz, Angela Merkel, Asie, Italie, Estonie, Chine, France, Allemagne, États-Unis, Russie
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